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Comprenez-vous que Jacqueline Sauvage reste en prison ?




Comprenez-vous que Jacqueline Sauvage reste en prison ?

Les avocates de Jacqueline Sauvage à Paris, le 12 août 2016. (Archives)

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Orange avec AFP, publié le vendredi 25 novembre 2016 à 07h00

Elle est devenue le symbole des victimes de violence conjugale, et la grâce partielle accordée par François Hollande laissait supposer une libération conditionnelle rapide. Pourtant, Jacqueline Sauvage, condamnée à dix ans de prison pour le meurtre de son mari violent, a vu jeudi 24 novembre sa demande de libération conditionnelle une nouvelle fois rejetée.

Après un premier refus du tribunal d'application des peines de Melun (Seine-et-Marne) le 12 août dernier, la cour d'appel de Paris a à son tour rejeté cette demande d'aménagement de peine, à laquelle le parquet général ne s'était pourtant pas opposé.

POURVOI EN CASSATION

Les avocates de Jacqueline Sauvage, 68 ans, se sont dites "consternées", alors que la condamnation de Jacqueline Sauvage en 2014-2015 avait, de manifestations en pétitions, suscité une vague d'indignation.

Mes Nathalie Tomasini et Janine Bonaggiunta ont annoncé qu'elles comptaient se pourvoir en cassation contre un arrêt qui "n'a pas tenu compte des pièces fournies", et qu'elles envisageraient une nouvelle demande de libération, après en avoir discuté avec leur cliente - qui n'était pas présente au tribunal.

Dans son arrêt que l'AFP a pu consulter, la cour d'appel estime que Jacqueline Sauvage continue "à se poser en victime (...) tout en remettant en question l'élément d'intentionnalité", que "sa réflexion demeure pauvre et limitée puisqu'elle peine encore à ce jour à accéder à un réel et authentique sentiment de culpabilité". La cour souligne aussi que la rapidité avec laquelle Jacqueline Sauvage a usé de son droit à demander une libération conditionnelle, après la grâce présidentielle en janvier, et la "médiatisation du dossier" ont rendu "sa réflexion et sa prise de conscience plus difficiles et complexes sur le sens de la peine".



La chambre d'application des peines a donc invité Jacqueline Sauvage à "se livrer à une authentique réflexion, autrement qu'en adoptant un discours figé et assez stérile consistant à qualifier, de manière assez répétitive, son geste 'd'horrible'".

Les avocates ont promis d'aller "jusqu'au bout" de leur combat pour faire libérer cette femme qui a vécu 47 ans de calvaire conjugal avant, le 10 septembre 2012, de tuer son époux de 65 ans de trois coups de fusil dans le dos, à la Selle-sur-le-Bied (Loiret). En l'état actuel du dossier, compte tenu des remises de peine, Jacqueline Sauvage serait libérable "entre avril et juillet 2018", ont estimé ses avocates. "C'est la société qui devrait être condamnée pour non-assistance à personne en danger", a lancé Me Tomasini. Plusieurs associations ont dit leur "indignation". Osez le féminisme a dénoncé "une justice qui condamne les victimes", à la veille de la journée internationale contre les violences faites aux femmes, alors "qu'une femme sur dix est victime des violences de son conjoint" en France. Les Effronté-e-s ont demandé une "vraie et entière grâce présidentielle".

En première instance en octobre 2014, comme en appel en décembre 2015, Jacqueline Sauvage avait été condamnée à dix ans de réclusion criminelle. A chaque fois, la cour d'assises a écarté la préméditation de son geste. Ses trois filles avaient témoigné à charge contre leur père, expliquant avoir été violées et battues comme l'était leur mère.
 
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