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Avez-vous l'impression de prendre trop de médicaments ?




Avez-vous l'impression de prendre trop de médicaments ?
Selon le professeur Philippe Even, "un tiers des médicaments ne servent à rien" (illustration).

, publié le jeudi 24 novembre 2016 à 07h00

Une nouvelle version du best-seller des professeurs Philippe Even et Bernard Debré, "Guide des 4.000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux" paraît ce jeudi 24 novembre.

En 2012, les professeurs Even et Debré publiaient leur "Guide des 4.000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux". Quatre ans après, ils renouvellent leur appel à un grand coup de balai dans le marché des médicaments avec une nouvelle version de leur best-seller, vendu à plus de 160.000 exemplaires, en librairie ce jeudi.

Et le constat est alarmant. Selon eux, un tiers des médicaments proposés sont "inefficaces" et donc ne servent à rien, un quart sont mal tolérés et 5% potentiellement dangereux.

Dans le domaine de l'oto-rhino-laryngologie, ce taux d'inefficacité atteint même 78%, explique le professeur Even mercredi 23 novembre dans une interview au Parisien. Dans les domaines de l'allergie ou de la nutrition, la moitié des médicaments n'apportent rien au patient. "Il y a urgence à faire le ménage", assène-t-il. À commencer par les "poudres de perlimpinpin" utilisées pour traiter les pathologies de l'hiver : "les spécialités à base de pseudoéphédrine (utilisées contre la congestion nasale,ndlr) sont à écarter". Plusieurs antihistaminiques, utilisés dans le traitement des allergies "ont une efficacité nulle". Le Relenza et le Tamiflu, face à la grippe, "ont une efficacité faible".



Cette deuxième édition (aux éditions Cherche-Midi) inclut les 200 nouveaux médicaments, concernant notamment le domaine des cancers, des hépatites, du diabète et des anticoagulants, apparus depuis 2012. Seulement "une cinquantaine sont utiles", a relevé mercredi 23 soir le Pr Even sur RTL. L'ancien doyen de la faculté de médecine de Necker a évoqué "des progrès réels" parmi les anti-cancéreux, mais aussi les effets indésirables des médicaments : il y a "15.000 morts d'accidents thérapeutiques dus aux médicaments qui n'auraient pas dû avoir lieu". "C'est quand même cinq fois plus que les accidents de la route", dit-il. Parmi les médicaments récents, "aucun progrès notable en neuropsychiatrie (12 molécules)" et "au total, une seule révolution, le Sovaldi" (laboratoire Gilead), écrivent encore les auteurs pointant ainsi les progrès dans le traitement de l'hépatite virale C. Au milieu de ce réquisitoire, les auteurs saluent toutefois les traitements qui ont fait progresser la médecine (antibiotiques, cortisone, etc.).

Pour lutter contre les dérives, et remettre l'intérêt du patient au centre de la problématique, le professeur Even propose de "dérembourser totalement ceux qui ne sont pas utiles. (...) On pourrait réaffecter ces sommes à la recherche publique, à l'hôpital, à la prise en charge des personnes handicapées". Soutenu par une partie du monde médical, critiqué par une autre, Philippe Even estime qu'"il y a urgence à changer ce système, dans l'intérêt même des patients".

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