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Le gouvernement a-t-il raison d'évacuer la "jungle" de Calais ?




Le gouvernement a-t-il raison d'évacuer la "jungle" de Calais ?
Évacuation de la "jungle" de Calais, le lundi 24 octobre 2016.

Orange avec AFP, publié le mardi 25 octobre 2016 à 07h00

L'évacuation totale de la "jungle" de Calais a démarré lundi 24 octobre, alors que le plus grand bidonville de France, peuplé de 6.000 à 8.000 migrants, doit être vidé d'ici la fin de semaine. Une quarantaine de cars ont quitté les lieux en milieu d'après-midi avec 1.631 personnes à leur bord, a indiqué la préfecture du Pas-de-Calais à l'AFP.

La préfète, Fabienne Buccio, assurait même: "On fera les 60 bus prévus aujourd'hui", soit 2.000 personnes environ.

Selon le porte-parole du ministère de l'Intérieur Pierre-Henry Brandet, ce nombre ne devrait pas être atteint, mais la population évacuée sur cette seule première journée sera "supérieure" à 2.000 personnes.

Peu avant 16 heures, le flux s'est en effet brutalement amenuisé et plus aucune queue à l'extérieur du centre de transit n'était visible. Des candidats au départ auraient reporté de 24 ou 48 heures leur embarquement. "On leur a répété que des départs s'effectueraient demain (mardi) et mercredi"..., expliquait la préfecture. La densité de la foule présente à la mi-journée aurait aussi dissuadé des migrants de s'attarder plus longtemps.

Bien avant le lever du jour, une centaine de migrants, essentiellement des Soudanais, attendait déjà patiemment devant l'entrée. Une heure plus tard, à la sortie de la "jungle", un groupe de migrants quittait les lieux avec sacs et valises en criant "Bye, bye, jungle!"

45 autocars sont programmés mardi et 40 mercredi, à destination des Centres d'accueil et d'orientation (CAO), au nombre de 451. "C'est un moment historique, parce que je crois qu'enfin (les migrants) vont pouvoir construire leur avenir d'une meilleure façon", a déclaré la préfète du Pas-de-Calais Fabienne Buccio, chef d'orchestre de l'opération.

1.250 POLICIERS ET GENDARMES MOBILISÉS

Malgré des bousculades et querelles entre migrants en fin de matinée, l'évacuation se déroule "pour l'instant dans le calme et la maîtrise", a commenté le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. "L'objectif est de procéder à la mise à l'abri de ceux qui relèvent du statut de réfugié en France et qui n'ont pas vocation à être dans la précarité, dans la vulnérabilité à Calais", a-t-il rappelé.

Quelque 1.250 policiers et gendarmes sont mobilisés à Calais pour veiller à la sécurité de ce méga-transfert: éviter les mouvements de foule, mais aussi empêcher de nuire les militants ultragauche de No Border, partisans de l'abolition des frontières.

La maire de Calais, Natacha Bouchart (Les Républicains), s'est dite "perplexe" sur le démantèlement. "Nous n'avons aucune garantie, aucun dispositif pour nous confirmer qu'il n'y aura plus ces difficultés par lesquelles nous passons depuis maintenant trois ans", a-t-elle soutenu.

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