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Alstom : faut-il nationaliser l'entreprise ?




Alstom : faut-il nationaliser l'entreprise ?

Alstom a décidé de transférer, d'ici à 2018, les activités d'ingénierie et de production de son site de Belfort vers celui de Reichshoffen (Bas-Rhin).

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Orange avec AFP, publié le mercredi 14 septembre 2016 à 07h00

Faut-il nationaliser, ne serait-ce que provisoirement, le groupe Alstom ? C'est la solution avancée par Jean-Pierre Chevènement et l'extrême gauche pour sauvegarder le site de production de Belfort et ses 400 salariés. L'idée est également envisagée par la députée Front national (FN) Marion Maréchal-Le Pen, pour qui "il ne faut pas s'interdire de sauver une industrie quand elle touche à l'indépendance française et à un savoir-faire".

Mardi, François Hollande et Manuel Valls sont, eux, montés au créneau pour pousser la direction du constructeur ferroviaire à faire machine arrière.

La pression ne retombe pas pour le gouvernement, une semaine après l'annonce d'Alstom de transférer l'activité du site belfortain vers celui de Reichshoffen (Bas-Rhin) d'ici à 2018. En déplacement en Roumanie, le chef de l'État François Hollande a assuré que "tout" serait fait pour que le site de production soit maintenu "pour de nombreuses années". Dans la foulée, le Premier ministre Manuel Valls, en déplacement à Verdun (Meuse), a assuré aux salariés du groupe qu'"ils peuvent avoir confiance dans l'action du gouvernement pour pérenniser le site, l'emploi et l'avenir d'Alstom". L'État, actionnaire de référence du groupe, détient 20% des droits de vote depuis février, grâce à des actions prêtées par Bouygues et qu'il pourra racheter d'ici fin 2017.

LE GOUVERNEMENT ENGAGÉ DANS UN BRAS DE FER

Le gouvernement négocie tous azimuts sur ce dossier empoisonné et a peut-être marqué un premier point : après avoir affirmé qu'aucune alternative à la fermeture n'était envisageable, la direction d'Alstom a précisé mardi en fin de journée que des discussions étaient "en cours" et qu'"aucune décision" ne serait prise avant la fin des négociations. Le gouvernement "se donne dix jours" pour trouver une solution et met tout son poids dans la balance pour que la SNCF achète rapidement six TGV transalpins à Alstom. Une commande qui représenterait un sursis salutaire pour l'usine de Belfort. L'État a également promis d'acheter 30 nouveaux trains Intercités. Mais ces commandes, qui profiteront à d'autres usines d'Alstom, "ne seront malheureusement pas la solution pour l'avenir de Belfort", a reconnu vendredi le secrétaire d'État aux Transports Alain Vidalies.

La députée FN Marion Maréchal-Le Pen a évoqué une option de dernier recours : nationaliser Alstom. "Je ne vois pas à quel titre nous nous interdirions de sauver une industrie quand elle touche à l'indépendance française et à un savoir-faire", a-t-elle réagi quand les journalistes lui ont fait remarquer que la nationalisation est aussi une méthode prônée par Jean-Luc Mélenchon et le Parti communiste de Pierre Laurent. En effet, l'élue du Vaucluse n'est pas la première a soumettre l'idée. Elle avait déjà été évoquée lundi par Jean-Pierre Chevènement. L'ancien maire de Belfort avait jugé qu'"on a nationalisé Renault pour moins que ça à la Libération".

Pour le sénateur Les Républicains (LR) de Belfort Cédric Perrin, "plutôt que de guérir le sujet Alstom avec des antibiotiques très forts, il aurait mieux fallu prévenir la maladie". Plus sévère, Édouard Martin, député européen PS et ancien délégué syndical CFDT d'Arcelor-Mittal à Florange, a lui renvoyé dos à dos droite et gauche dans un entretien à L'Est républicain : "Cela fait quarante ans que la droite et la gauche se fichent complètement de l'avenir de l'industrie". "Manuel Valls, au lieu de passer son été à commenter le burkini, aurait pu s'intéresser à l'avenir d'Alstom Belfort", assène-t-il. "Je soutiens le gouvernement dans son bras de fer mais il a agi bien tardivement. Il y a une responsabilité de l'État actionnaire dans cette affaire", a pointé de son côté Jean-Pierre Raffarin. On a "trop fait pour le routier, pas assez pour le rail", a-t-il affirmé.
 
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