La question du jour :

Faut-il supprimer l'ENA ?




Faut-il supprimer l'ENA ?
La plaque d'entrée de l'ENA, à Strasbourg, le 15 janvier 2013 (illustration).

, publié le vendredi 02 septembre 2016 à 07h00

- Le candidat à la primaire de droite Bruno Le Maire a jeté un nouveau pavé dans la mare en proposant jeudi de supprimer l'ÉNA. La ministre de la Fonction publique Annick Girardin a immédiatement réagi, dénonçant la "démagogie" du candidat à la primaire à droite.

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"Il est temps de supprimer l'ÉNA", a déclaré Bruno Le Maire jeudi dans Le Parisien. Le débat est lancé. Le député Les Républicains (LR) de l'Eure souhaite supprimer la grande école de l'administration s'il est élu à l'élection présidentielle de 2017. "L'ÉNA a rempli son office pendant des années, formé des fonctionnaires de grande qualité. Mais nous entrons dans un monde nouveau : celui des entrepreneurs, de la créativité, de l'innovation. Où la haute administration doit reprendre sa juste place", a expliqué le candidat LR.

Sa proposition a tout de suite fait réagir la ministre de la Fonction publique. "La critique de l'ÉNA est facile, c'est un repoussoir classique pour tous les populistes", a déclaré Annick Girardin lors d'un déplacement dans cette école de formation des élites, basée à Strasbourg. "La fonction publique mérite mieux que la démagogie des anciens élèves de l'ÉNA", a-t-elle insisté, en référence à Bruno Le Maire, lui-même issue de la prestigieuse institution. Selon elle, "le vrai enjeu" est "la diversification des profils des hauts fonctionnaires de demain".

Jean-Louis Debré a également critiqué la proposition de M. Le Maire. Sur Europe 1, l'ancien président du Conseil constitutionnel a estimé que "tous les candidats, quand ils n'ont rien à dire, veulent supprimer l'ÉNA". "Ils le disent tous quand ils ne sont pas encore élus, et quand il le sont, c'est réglé, ils ne le font pas" a-t-il poursuivi.



Bruno Le Maire a proposé d'instaurer à la place de l'ÉNA "une école d'application sur le modèle de l'École de guerre", qui forme les officiers supérieurs, "à laquelle les hauts fonctionnaires les plus méritants pourront avoir accès au bout de dix ans, pour leur permettre de franchir une nouvelle étape dans leur parcours professionnel"

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