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Burkini : la classe politique est-elle tombée dans "l'hystérie" ?




Burkini : la classe politique est-elle tombée dans "l'hystérie" ?
Anne Hidalgo, à Paris, le 25 août 2016

publié le vendredi 26 août 2016 à 07h00

C'est le sujet polémique de l'été : les arrêtés d'interdiction du burkini sur certaines plages de France sèment la discorde au sein de la classe politique française. Ce jeudi 25 août, la maire PS de Paris Anne Hidalgo a dénoncé "l'hystérie politique et médiatique" autour du débat sur le port du burkini, estimant qu'il y avait "d'autres choses beaucoup plus importantes en France".

Interrogée lors d'une conférence de presse commune avec le maire de Londres, Sadiq Khan, au sujet de la polémique sur le port du burkini, elle a répondu: "Aller chercher un sujet comme celui là et le poser comme l'alpha et l'oméga autour duquel toute la vie politique française devrait être tournée (...) je trouve que l'on est dans une sorte d'hystérie médiatique qu'il faut arrêter!".

"Il ne faut pas prendre des sujets qui sont symboliques pour en faire des sujets autour desquels tournerait le débat politico-médiatique. Il y a d'autres choses beaucoup plus importantes en France", a-t-elle ajouté.

CACOPHONIE AU SEIN DU GOUVERNEMENT

Jeudi matin, des dissonances majeures sont apparues au sein du gouvernement au sujet des arrêtés "anti-burkini" pris par plusieurs municipalités. Sur Europe 1, Najat Vallaud-Belkacem a déploré une "dérive politique grave", qui "libère la parole raciste". Quelques minutes plus tard, la ministre de l'Éducation nationale a été recadrée en personne par Manuel Valls. "Ces arrêtés ne sont pas une dérive. C'est une mauvaise interprétation des choses. Ces arrêtés ont été pris au nom même de l'ordre" public" a t-il asséné sur RMC. La ministre aux droits des femmes, Laurence Rossignol, a elle emboîté le pas au patron de Matignon, dénonçant toutefois que le débat était mené par certains avec des "arrières-pensées racistes".

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