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Scandale de la Dépakine : faites-vous confiance aux autorités sanitaires ?




Scandale de la Dépakine : faites-vous confiance aux autorités sanitaires ?
Une femme enceinte dans le sud de la France le 19 mars 2011 (illustration).

publié le jeudi 25 août 2016 à 07h00

Le ministère de la Santé a reconnu mercredi 24 août que plus de 14.000 femmes enceintes avaient été "exposées" entre 2007 et 2014 à l'antiépileptique Dépakine. Un nouveau scandale sanitaire en vue, lié au valproate de sodium, la substance active de ce médicament nocif pour le fœtus.

Sous la pression des familles de victimes, le ministère a également annoncé une série de mesures, dont la mise en place d'un dispositif d'indemnisation pour les victimes, qui devrait être voté au Parlement d'ici à la fin de l'année.

"Les chiffres confirment l'intuition de l'Apesac (l'Association d'aide aux parents d'enfants souffrant du syndrome de l'anticonvulsivant), il y a beaucoup de victimes, vraisemblablement des dizaines de milliers de victimes", a commenté Me Charles Joseph-Oudin, le principal avocat des victimes après la rencontre au ministère de la santé mercredi.

Commercialisée depuis 1967 en France, la Dépakine est sur la sellette, comme tous les médicaments à base de valproate de sodium, à cause d'un risque élevé (de l'ordre de 10%) de malformations congénitales, mais également d'un risque accru d'autisme et de retards intellectuels et de la marche, pouvant atteindre jusqu'à 40% des enfants exposés. Connues depuis les années 1980, les malformations portent principalement sur le cœur, les reins, les membres et la colonne vertébrale (spina bifida), et incluent des becs-de-lièvre.



Parmi les mesures annoncées mercredi par le ministère de la Santé, figure un pictogramme, réclamé par l'Apesac pour alerter sur les dangers du traitement. Il sera apposé sur les boîtes de médicament, en plus des mentions d'alerte déjà existantes. Le ministère a également promis dans les six mois un dispositif permettant de prendre en charge "en totalité" par l'Assurance maladie les soins des patients reconnus dans le cadre d'un "protocole de dépistage et de signalement".

Le directeur général de la Santé Benoît Vallet s'est félicité pour sa part de ce que l'exposition des femmes enceintes au valproate ait nettement diminué entre 2007 et 2014, passant de 2.316 en 2007 à 1.333 en 2014, "même si, note-t-il, le nombre de femmes en âge de procréer qui continuent à en prendre reste encore beaucoup trop élevé" (environ 50.000 femmes en janvier 2016).

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