La question du jour :

Fondation pour l'islam : Chevènement est-il l'homme de la situation ?




Fondation pour l'islam : Chevènement est-il l'homme de la situation ?
L'ancien ministre de l'Intérieur, Jean-Pierre Chevènement, en août 2015 à Yerres (photo d'archives).

, publié le mardi 16 août 2016 à 07h00

Pressenti pour prendre la tête de la Fondation pour l'islam de France, Jean-Pierre Chevènement se dit prêt à accepter cette "mission". Dans une interview publiée lundi 15 août par Le Parisien, l'ancien ministre livre ses premiers avis et estime que les musulmans "doivent pouvoir pratiquer leur culte en toute liberté" mais leur conseille la "discrétion" dans l'espace public "dans cette période difficile".

"Les musulmans, comme tous les citoyens français, doivent pouvoir pratiquer leur culte en toute liberté.

Mais il faut aussi qu'ils comprennent que, dans l'espace public où se définit l'intérêt général, tous les citoyens doivent faire l'effort de recourir à la 'raison naturelle'", explique l'ancien ministre de l'Intérieur. "Le conseil que je donne dans cette période difficile - comme le recteur de la mosquée de Bordeaux - est celui de discrétion", poursuit-il, alors que les polémiques se succèdent autour du port du voile et désormais du burkini.


Début août, François Hollande avait évoqué le nom de l'ancien maire de Belfort de façon informelle. Le chef de l'État avait souligné la nécessité pour cette fondation, créée en 2005 mais paralysée par des dissensions internes, d'exercer un contrôle notamment sur le financement de la construction des lieux de culte musulmans. Relancer la fondation est "une bonne réponse à la poussée du terrorisme", estime Jean-Pierre Chevènement, répétant son intention de ne pas "se "dérober" à cette mission. Début août, il avait annoncé à l'AFP qu'il se prononcerait officiellement à la rentrée.

Jean-Pierre Chevènement a indiqué poser comme "condition" à son acceptation "que les financements étrangers soient prohibés afin que tout se passe dans la plus grande transparence et que l'islam de France dépende d'un argent collecté en France". "Il me semble que l'islam de France, y compris dans sa version théologique où je n'ai pas à intervenir, doit pouvoir se développer avec des fonds français ou, en tout cas, qu'un mécanisme de transparence soit institué en l'absence de tout 'fléchage' de la part des donateurs", explique-t-il, alors que certains ont critiqué la possible nomination d'un non-musulman à la tête de la fondation.

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