La question du jour:

Faut-il créer un "Guantanamo à la française" ?




Faut-il créer un "Guantanamo à la française" ?
Le député LR du Rhône, Georges Fenech, le 12 juillet 2016 à Paris (photo d'archives).

Orange avec AFP, publié le jeudi 21 juillet 2016 à 07h00

- Le président de la commission d'enquête parlementaire sur les attentats de 2015 et député "Les Républicains (LR)", Georges Fenech, a plaidé mercredi pour la création d'un "Guantanamo à la française" afin de gérer le "raz-de-marée" de jihadistes revenus d'Irak ou de Syrie. -

"Un Guantanamo à la française serait la solution la plus simple.

Un établissement dédié à des individus radicalisés serait effectivement une solution", a déclaré Georges Fenech à l'hebdomadaire Valeurs Actuelles. La prison de Guantanamo a été créée par les États-Unis dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001. Elle se situe sur une base navale située à Cuba. Sa mission ? Détenir, sans procès et souvent même sans mise en examen, des "combattants ennemis". Barack Obama a promis de la fermer à plusieurs reprises depuis 2008, mais se heurte à l'opposition du parti républicain américain.


"RIEN N'A ÉTÉ ANTICIPÉ SUR CES RETOURS"

"Ce qui m'inquiète beaucoup, c'est le défaut d'anticipation par le gouvernement de ce qui risque de se passer", explique le député du Rhône. "Nous allons assister à un véritable raz-de-marée de retours de jihadistes sur notre territoire, car Daech (acronyme arabe du groupe Etat islamique, ndlr) perd beaucoup de terrain, l'organisation va tomber, c'est une question de mois. Rien n'a été anticipé sur ces retours".

Selon les chiffres donnés par Manuel Valls mardi à l'Assemblée, 2.147 ressortissants français ou étrangers résidant en France, sont connus pour leur implication dans les filières syro-irakiennes. Plus de 1.000 ont séjourné dans la zone ; 680 adultes y sont toujours présents, dont un tiers de femmes; 187 sont morts au cours de combats. 179 individus sont en transit dans un pays tiers pour rejoindre la zone ou en revenir et 203 sont revenus sur le territoire français.

Majorité et opposition se sont opposés sur la question des centres de rétention mardi soir à l'Assemblée lors du débat sur la prorogation de l'état d'urgence. "La France dont je dirige le gouvernement ne sera pas celle où seront instaurés des centres où l'on enferme des manière indéterminée, pour un temps indéterminé, des individus que l'on suspecte", a notamment déclaré le Premier ministre.

Pour Georges Fenech, "le gouvernement n'a plus le temps et n'est plus en capacité politique de réformer quoi que ce soit. On va perdre les huit mois à venir", a-t-il dit, jugeant que le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve est "usé".

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