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Loi Travail : Valls a-t-il raison de passer en force ?




Loi Travail : Valls a-t-il raison de passer en force ?
Manuel Valls le 5 juillet 2016 à l'Assemblée.

, publié le mercredi 06 juillet 2016 à 07h00

- Le Premier ministre a déclenché mardi 5 juillet une deuxième fois l'arme constitutionnelle du 49-3 pour forcer l'adoption du contesté projet de loi Travail à l'Assemblée. -

Après quatre mois de contestation contre la loi Travail, aussi bien dans la rue que dans l'hémicycle, Manuel Valls avait prévenu les députés PS : "je prends mes responsabilités dans l'intérêt du pays".

Dénonçant une "alliance des contraires" et des "conservatismes", visant ainsi les opposants de gauche et la droite, le Premier ministre a donc eu recours ce mardi 5 juillet pour la deuxième fois à l'article 49-3 pour faire passer à l'Assemblée le projet de loi portée par la ministre du Travail Myriam El Khomri, mettant fin aux débats sur le millier d'amendements déposés.

"Ce pays s'est trop habitué à un chômage de masse depuis 30 ans pour qu'on n'agisse plus aujourd'hui (...) Avec cette loi, nous permettrons de donner davantage de souplesse et davantage de chance aux salariés de ce pays. Face à cela, mon gouvernement est déterminé à avancer", a-t-il fait valoir. "Ce n'est pas une posture (...) mais dans ce moment difficile (...), je ne veux pas laisser certains mettre en scène les divisions, alimenter les fractures, jouer avec les institutions par simple tactique à des fins politiciennes qui ne prennent pas en compte l'intérêt général et celui des Français", a-t-il ajouté

Si aucune motion de censure n'est déposée dans les 24 heures, le projet de loi sera définitivement adopté. Le groupe Les Républicains, qui a déjà fait savoir qu'il ne déposerait pas de motion, a quitté ses bancs à l'annonce du 49-3. Quant aux opposants de gauche au texte, le député frondeur PS Christian Paul ayant dénoncé une "nouvelle violence au peuple", ils peinent à rassembler les 58 signatures de députés nécessaires à l'enclenchement de la procédure. Et même si une telle motion des "gauches" était déposée, la possibilité qu'elle soit votée est nulle car la droite ne compte pas joindre ses voix à "une motion des casseurs" dans les manifestations, selon la formule du chef de file des députés LR Christian Jacob.

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