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Etes-vous choqué par la fresque "antiflics" ?




Etes-vous choqué par la fresque "antiflics" ?
La fresque de l'artiste Goin à Grenoble, le 27 juin 2016.

Orange avec AFP, publié le mercredi 29 juin 2016 à 07h00

- "L'Etat matraquant la liberté". Une œuvre de street-art représentant une Marianne matraquée par deux policiers, exposée dans le cadre d'un festival organisé par la mairie écologiste de Grenoble, a provoqué de vives réactions depuis le week-end.

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Dans l'opposition grenobloise et chez les policiers, la pilule a du mal à passer. "C'est honteux, la République nous la défendons, nous ne lui tapons pas dessus", avait expliqué dimanche sur France 3 Alpes, Yannick Biancheri, syndiqué SGP-Police FO à Grenoble. "Cette fresque fait mal, surtout en cette période difficile depuis les attentats. C'est scandaleux, notre métier c'est gardien de la paix et quand on voit comme on nous représente... Lors des manifestations, on est là pour protéger les manifestants des casseurs, ne l'oublions pas". Selon la chaîne locale, le syndicat policier pense à porter plainte, comme après l'affaire de l'affiche CGT sur les violences policières. Face à l'avalanche de réactions indignées, chez les policiers et les politiques, le ministre de l'Intérieur s'est fendu d'un tweet de soutien aux policiers appelant le maire EELV de Grenoble, Éric Piolle, à exprimer ses "regrets".

L'œuvre de Goin représente une femme à terre, tenant un drapeau bleu-blanc-rouge effiloché, frappée par deux policiers anti-émeute, dont l'un porte un bouclier "49.3". La femme est accoudée sur les livres "1984" de Georges Orwell et "Le Meilleur des Mondes" d'Aldous Huxley. Cette fresque a été réalisée sur un mur, proche de la gare de Grenoble (Isère), qui doit être détruit "dans les jours ou les semaines qui viennent".



"Je trouve ceci indigne", a également réagi le directeur départemental de la sécurité publique, Patrick Mairesse, cité par le quotidien régional Le Dauphine libéré. "Fouler aux pieds le symbole de l'État et de l'autorité dont nous avons tant besoin, oui je suis choqué", a ajouté à France Bleu Isère le président Les Républicains du département, Jean-Pierre Barbier. Pour Debout la France, parti dirigé par Nicolas Dupont-Aignan, cette fresque "de la honte" est "abjecte" et doit être retirée immédiatement par la municipalité. Les syndicats de la police grenobloise réclament au ministre de l'Intérieur de porter plainte pour "outrage" contre une oeuvre d'art urbain jugée "anti-police". Les syndicalistes ont indiqué qu'ils devaient être reçus mercredi par le procureur de Grenoble. "Mais au début de l'affaire, il nous a clairement dit qu'il n'y avait pas d'infraction", a reconnu le secrétaire départemental d'Alliance, Valérie Mourier.

L'ART POUR "CRÉER DU DÉBAT"

"Quand la collectivité locale finance, sur l'argent des contribuables grenoblois, une fresque réalisée dans le cadre d'un festival subventionné à hauteur de 25.000 euros, à la vue de tous, dans l'espace public, elle est responsable des messages passés, a quant à elle souligné l'ancienne ministre socialiste Geneviève Fioraso, qui appartient à l'opposition à la municipalité. Par respect pour ceux qui nous protègent, il faut effacer immédiatement cette fresque inacceptable dans le contexte". L'ancien maire socialiste de Grenoble Michel Destot a également fait connaitre son opposition : "Comment est-il possible de cautionner une telle fresque ?", s'est-il questionné sur Twitter. "Respect pour ceux qui nous protègent".

"Nous, en tant que politiques, on s'interdit de vouloir gérer la création artistique", a-t-on répliqué au cabinet du maire, où on relève le "grand succès" du Grenoble Street Art Fest, qui se termine ce dimanche 26 juin. "On comprend la réaction de la police et d'autres, mais ça reste une oeuvre d'art et l'art peut être subversif", fait-on valoir. "L'art a vocation à créer du débat, voire de la polémique".

"Ce n'est pas une fresque anti-police, c'est une fresque qui dénonce l'utilisation que fait l'État du 49.3. Si elle crée le débat, elle joue son rôle", a ajouté sur France Bleu Isère, Jérôme Catz, responsable de l'association Space Junk, qui organise le festival et qui a invité l'artiste Goin (http://www.goinart.net/).



Mardi matin, la fresque avait été recouverte de dessins de phallus, le mot "police" sur le dos des agents était noirci ainsi que le titre de l'oeuvre "L'Etat matraquant la liberté". "Stand up for the french police" est un chant de supporters devenu célèbre depuis le début de l'EURO 2016. A l'origine de ce succès : un groupe de fans irlandais qui avait réussi, le 17 juin à la veille de Belgique-Irlande, à faire s'accroupir des policiers avant de les faire se lever et même sauter sur les paroles du chant. Ce dernier est repris depuis par des supporters de différents pays.

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