La question du jour :

Terrorisme : faut-il placer certains "fichés S" en centre de rétention ?




Terrorisme : faut-il placer certains "fichés S" en centre de rétention ?
Le "monsieur sécurité" de Les Républicains et député des Alpes-Maritimes, Éric Ciotti, est à l'origine de cette proposition. Ici le 9 mai à Cannes (Archives).

, publié le mercredi 15 juin 2016 à 07h00

- Après l'assassinat de deux policiers lundi soir dans les Yvelines et face à la menace terroriste, la droite et l'extrême droite ont exigé plus de fermeté de la part du gouvernement. Le député "Les Républicains (LR)" des Alpes-Maritimes, Éric Ciotti, a notamment demandé à ce que le haut du panier des "fichés S" pour radicalisme soit "placés en centre de rétention".

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Ces personnes, soupçonnées de radicalisme, "ne peuvent plus continuer à être dans une situation de totale liberté alors que nous savons, que les services de renseignements, savent leur dangerosité", a déclaré mardi le député LR, Éric Ciotti. "J'ai déposé de multiples amendements dès 2012 dans la loi terrorisme pour qu'il y ait des centres de rétention, comme pour les malades psychiatriques", a ajouté le secrétaire général adjoint des Républicains.

"EFFICACITÉ LIMITÉE" SELON CAZENEUVE

Il y a "quelques centaines (de personnes) qui présentent une dangerosité maximale. Il y a 11.000 personnes dans le FSPRT, le nouveau fichier classé secret défense (...), des signalés pour la prévention de la radicalisation terroriste. Il y a 10.000 personnes fichés S, il y a là-dedans environ un millier qui sont suivis par la DGSI (...) qui présentent une dangerosité forte. Il doit y avoir un principe de précaution", a-t-il ajouté.



"C'est le contraire de ce qu'est la République française, c'est la porte ouverte à l'arbitraire et ça n'aurait qu'une efficacité très limitée", lui a répondu Bernard Cazeneuve mardi soir sur le plateau de France 2. Après les attentats de novembre 2015, le gouvernement a déjà saisi le Conseil d'État sur cette question. Ce dernier a rendu dans la foulée un avis consultatif, publié le 23 décembre 2015, qui émet de sérieuses réserves sur l'application d'une telle mesure. Selon la Constitution française et la Convention européenne des droits de l'homme, "il n'est pas possible d'autoriser par la loi, en dehors de toute procédure pénale, la rétention, dans des centres prévus à cet effet, des personnes radicalisées". Seule une assignation à résidence limitée dans le temps - et permise par l'État d'urgence - peut être envisagée. Un placement sous bracelet électronique peut également être appliqué sous conditions.

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