La question du jour :

Comprenez-vous la grève à la SNCF ?




Comprenez-vous la grève à la SNCF ?
La grève a été reconduite à la SNCF mardi 7 juin par les assemblées générales de cheminots.

publié le mercredi 08 juin 2016 à 07h00

- Après trois mois de fronde sociale contre la loi Travail, les grévistes de la SNCF ont voté la reconduction du mouvement pour ce mercredi 8 juin. Insatisfaits du projet d'accord sur le temps de travail négocié lundi 6 mai, les syndicats appellent à poursuivre la grève illimitée entamée il y a une semaine.

Ils entendent à la fois défendre le régime des cheminots, mais aussi exiger le retrait de la loi El Khomri. -

Pour la septième journée consécutive, le trafic est resté perturbé mardi 7 juin, avec en moyenne quatre Intercités sur dix, un Transilien et un RER sur deux, deux TGV sur trois et six TER sur dix, selon les prévisions de la SNCF, qui évaluait à 8,5% le taux de grévistes, tous métiers confondus (plus de 50% chez les conducteurs). Et ce n'est pas près de s'arrêter. La grève a été reconduite par toutes les assemblées générales de cheminots, selon SUD-rail (3e syndicat) et FO-cheminots (non représentatif). La CGT-cheminots en revanche, première force syndicale, n'a pas donné de mot d'ordre, disant s'en remettre aux assemblées générales.

François Hollande a tenté de faire monter la pression d'un cran mardi, inquiet des conséquences du mouvement de grève à l'approche de l'Euro-2016, qui débutera le 10 juin. "Il y a un moment où il faut savoir arrêter une grève", selon la formule du communiste Maurice Thorez, a-t-il déclaré lors d'un entretien à la Voix du Nord, en marge d'une visite dans le Pas-de-Calais. De son côté, le Premier ministre Manuel Valls a appelé les syndicats de la SNCF à signer "un bon accord pour l'entreprise et pour la branche", jugeant réunies "toutes les raisons" pour que cesse ce mouvement "incompréhensible". André Chassaigne chef de file des députés Front de gauche à l'Assemblée nationale, a quant à lui estimé que "ce n'était pas aux politiques ni à l'opinion publique de décider de l'arrêt d'une grève".


Pour le gouvernement, qui a l'espoir de voir s'éteindre la grève à la SNCF, une autre menace se profile dans les transports. Les pilotes d'Air France ont déposé des préavis à partir de samedi 11 juin et jusqu'au mardi suivant, pour des motifs liés aux efforts de productivité demandés par la compagnie. Par ailleurs, les opposants à la loi Travail appellent toujours à "renforcer la mobilisation" avec, en ligne de mire, la manifestation nationale du 14 juin à Paris. Des centaines d'entre eux ont ainsi bloqué la zone industrielle du Havre mardi, tandis que d'autres ont brièvement empêché l'accès à deux terminaux de Roissy-Charles-de-Gaulle.

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