La question du jour :

Macron a-t-il toujours sa place au gouvernement ?




Macron a-t-il toujours sa place au gouvernement ?
Emmanuel Macron au Forum Economique International Amérique Latine et Caraïbes le 3 juin 2016.

publié le mardi 07 juin 2016 à 09h20

Accueilli ce lundi 6 mai par des œufs à Montreuil-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), régulièrement recadré par le gouvernement, très occupé par son mouvement "En marche", critiqué pour ne pas avoir payé l'ISF... le ministre de l'Économie Emmanuel Macron occupe l'espace médiatique.

Mais a-t-il toujours sa place au sein du gouvernement ?

La veille de l'"épisode des œufs", le maire PCF de Montreuil Patrice Bessac avait fait savoir par communiqué qu'il ne recevrait pas le membre d'un gouvernement ayant trahi selon lui les idéaux du Front populaire. "On ne peut pas vouloir revenir sur le modèle social français et venir à Montreuil, où est le siège de la CGT, inaugurer un timbre consacré au Front populaire", a-t-il expliqué. "Trop, c'est trop", a ajouté l'édile de ce bastion du PCF depuis 1935. "Préserver l'existant, c'est se condamner", lui a répondu, comme en écho, le ministre.

EMMANUEL MACRON FACE À LA COLÈRE SOCIALE
Tout en condamnant cette violence, un responsable du PCF qui a requis l'anonymat a estimé que "la colère sociale est grande" et que "le gouvernement doit cesser les provocations". "On ne discute pas avec des œufs, nous n'utilisons pas ce genre de méthodes mais on ne discute pas non plus à coup de 49-3", comme sur le projet de loi Travail, a-t-il ajouté. Depuis Montargis (Loiret), le Premier ministre Manuel Valls a affirmé qu'il condamnait "toutes les violences", sans s'étendre sur l'incident dont a été victime son ministre, qui a indiqué de son côté ne pas vouloir porter plainte.


Aurélie Filippetti, députée PS de Moselle et ancienne ministre de la Culture, a également réagi à la visite mouvementée d'Emmanuel Macron. "Il y a un respect à avoir vis-à-vis des gens qui ont du mal à joindre les deux bouts. Et je crois que les paroles qu'il a prononcées à plusieurs reprises, notamment récemment cette histoire du 'costard', ça a choqué et ça a été aussi une sorte de violence symbolique très forte, sur toute une partie de la population qui travaille dur, qui veut travailler et qui en même temps, n'y arrive pas. Je ne dis pas qu'il l'a cherché, je dis juste que la politique, c'est très violent pour tout le monde, mais en même temps il faut aussi évaluer et peser la violence que peuvent représenter certaines paroles".

Au cours d'un échange vif avec deux opposants à la loi Travail à Lunel (Hérault), le 27 mai dernier, Emmanuel Macron avait prononcé une phrase - "La meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler" - qui lui a valu d'être lourdement attaqué, notamment à gauche.

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