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Baisse des dotations : comprenez-vous la colère des maires ?




Baisse des dotations : comprenez-vous la colère des maires ?
Pour le président de l'Association des maires de France (AMF), François Baroin, une nouvelle coupe dans les dotations aux collectivités ne serait "pas tenable".

, publié le mercredi 01 juin 2016 à 10h00

La baisse des dotations financières de l'État est jugée "insoutenable" par les maires de France et entraîne, selon eux, des répercussions sur l'emploi, les services offerts aux citoyens ou le niveaux des impôts locaux. Leur président, l'ancien ministre François Baroin a demandé à François Hollande, samedi dans Le Monde, de "mettre un terme" à ces coupes budgétaires.

La question est au centre du 99e congrès des maires de France qui s'est ouvert mardi à Paris et doit s'achever jeudi avec une intervention très attendue de François Hollande.

L'Association des maires de France (AMF), qui rassemble plus de 95% des maires et présidents d'intercommunalités toutes tendances confondues, met depuis plusieurs mois la pression sur l'exécutif pour obtenir la révision du volume et du calendrier des ponctions programmées en 2017 (3,7 milliards d'euros). Plus de 10.000 personnes sont attendues en trois jours Porte de Versailles, pour ce grand rendez-vous annuel qui avait dû être reporté en novembre 2015 après les attentats de Paris. Pour ce dernier congrès avant l'élection présidentielle de 2017, le président de l'AMF, François Baroin (Les Républicains), promet "une mobilisation historique".

BAISSE DE 11 MILLIARDS D'EUROS DE 2015 A 2017

Après une première baisse en 2014, le gouvernement a mis en œuvre une nouvelle diminution des dotations aux collectivités de 11 milliards d'euros de 2015 à 2017, dans le cadre de sa politique d'économie budgétaire. "Insoutenable" pour les élus locaux, qui réclament l'abandon de la dernière tranche de 3,7 milliards prévue en 2017. La baisse des crédits de l'État a en effet provoqué une chute de l'investissement des communes, passé de 200 milliards d'euros pour l'ensemble des communes sur la période 2001-2007 à 130 milliards sur 2014-2019, selon l'AMF. Une baisse aux graves conséquences sur l'emploi, notamment dans les travaux publics.


Pour équilibrer leur budget, les maires sont de plus en plus contraints d'accroître la pression fiscale ou de réduire les services aux citoyens. "La bonne décision, qui ne peut relever que du chef de l'Etat, c'est de tenir compte de l'intensité de l'effort produit" par les communes et d'"arrêter les frais", martèle François Baroin, avec le soutien de l'ensemble des associations d'élus communaux. Le maire PS de Dijon et ancien ministre du Travail, François Rebsamen, président de la Fédération nationale des élus socialistes (FNESR), a souhaité mardi un "étalement" de la baisse de dotations prévue en 2017 pour les communes.

JUPPÉ PROPOSE UN DONNANT-DONNANT

Bercy ayant maintenu son objectif de réduction des versements aux collectivités, les maires s'en remettent à François Hollande attendu en clôture du congrès. Pour les élus, le président ne peut pas venir les mains vides, mais l'abandon de la 3e tranche de 3,7 milliards d'euros est loin d'être acquise. L'hypothèse d'un étalement des baisses de dotations est également évoquée à l'AMF, pour soulager les finances des communes. Dans l'entourage du chef de l'Etat, on se dit conscient que les collectivités ont fait des efforts depuis plusieurs années, sans plus de précision sur ce qu'il pourrait annoncer. A un an de la présidentielle, l'Élysée veut éviter de donner l'impression de distribuer l'argent public et de laisser filer les comptes.

Un sondage Odoxa diffusé avant le congrès montre que 80% des Français considèrent que leurs maires font encore trop de dépenses inutiles et une majorité (55%) estime qu'ils pourront très bien faire face aux baisses de dotations. Dans un entretien publié sur le Figaro.fr, Alain Juppé, candidat à la primaire de la droite, a lui proposé "un contrat d'engagement entre l'Etat et les collectivités": "Faites des économies de fonctionnement et l'État garantira vos dotations. Si vous ne faites pas d'économies, l'État en fera sur les dotations".

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