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Loi Travail : l'idée d'un recours au 49-3 vous choque-t-elle ?




Loi Travail : l'idée d'un recours au 49-3 vous choque-t-elle ?
Des manifestants contre la loi Travail le 9 avril 2016 à Paris (Illustration)

Orange avec AFP, publié le samedi 07 mai 2016 à 07h00

Manuel Valls n'exclut pas d'utiliser l'article 49 alinéa 3 de la Constitution pour faire adopter au Parlement le projet de loi contesté sur le Travail.

Alors que la contestation dans la rue contre la loi Travail ne faiblit pas et que le gouvernement craint de ne pas obtenir la majorité à l'Assemblée nationale, le Premier ministre n'exclut pas un recours l'article 49-3, déjà utilisé pour la loi Macron, pour passer en force. "Il ne faut jamais renoncer à un moyen constitutionnel", a déclaré lors d'un entretien diffusé sur Public Sénat vendredi soir 6 mai le Premier ministre.

"Nous verrons la semaine prochaine, mais ce texte doit passer", a affirmé le chef du gouvernement, qui a affirmé son attachement au "cœur" du projet, à savoir le renforcement des accords d'entreprise au détriment de la loi ou des accords de branche.



Lundi, le chef du gouvernement avait pourtant tenté de faire baisser la pression en assurant que le recours au 49-3 n'était "pas un choix que nous privilégions". Même tonalité pour la ministre du Travail Myriam El Khomri, qui s'était refusée à "faire planer la menace" de l'usage de l'article.

Selon un sondage* Oodoxa CQFD sur iTELE et Paris Match publié vendredi, 71% des Français trouveraient "choquant" que le gouvernement utilise à nouveau l'arme du 49-3. Fait notable, une telle décision est jugée aussi choquante par les sympathisants de gauche (70%) que par les sympathisants de droite (70%), les personnes se disant sans proximité partisane étant encore plus critiques (76%).

Interrogés sur l'opposition à ce texte controversé des "responsables politiques de gauche qui s'opposent régulièrement aux décisions du gouvernement", les "frondeurs", près des trois-quarts des personnes interrogées (74%) jugent par ailleurs "normal qu'ils s'opposent au gouvernement". Mais ils ont du mal à identifier un représentant des "frondeurs", 65% d'entre eux n'avançant aucun nom. Le premier responsable cité est Arnaud Montebourg (9%) devant Benoît Hamon (7%), puis le cofondateur du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon (7%), Martine Aubry (5%) et le chef de file des "frondeurs" PS à l'Assemblée, Christian Paul (4%).

*Le sondage a été réalisé sur internet les 5 et 6 mai auprès d'un échantillon représentatif de 1.011 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

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