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Le gouvernement doit-il renoncer à loi Travail ?




Le gouvernement doit-il renoncer à loi Travail ?
Des opposants à la Loi Travail défilent dans les rues de Strasbourg le jeudi 28 avril.

, publié le vendredi 29 avril 2016 à 07h00

Entre 170.000 (selon les autorités) et 500.000 personnes (selon CGT) ont défilé jeudi 28 avril contre la loi travail, lors de manifestations émaillées de violents affrontements à Paris et en province. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a condamné ces violences et fait état de "24 policiers ou gendarmes blessés, dont 3 très grièvement à Paris".

"124 interpellations" ont eu lieu à travers le pays portant le chiffre total des interpellations à 382 depuis le début de l'opposition au projet de loi Travail.

A Paris, 60.000 personnes, selon la CGT, et entre 14.000 et 15.000 selon la préfecture, ont marché entre les places Denfert-Rochereau et Nation. En dehors de la capitale, quelque 209 cortèges ont réuni 155.000 manifestants, dont 15.000 jeunes, selon le ministère de l'Intérieur. Lors de la précédente journée de mobilisation le 9 avril, 120.000 personnes avaient manifesté en France selon les autorités. Au plus fort de la contestation le 31 mars, elles avaient recensé 390.000 personnes et les syndicats 1,2 million.

"EH OH LA GAUCHE EST DANS LA RUE"

Partout, l'opposition à la loi travail s'affichait : parfois par de simples pancartes barrées d'un "NON!" ou réclamant la "démacronisation" du projet de loi, ou affirmant "eh oh la gauche est dans la rue". "On a fait bouger les lignes par l'action collective", a déclaré le président de l'Unef, William Martinet. Ce dernier a condamné les casseurs mais également dénoncé un "usage disproportionné de la force par la police". Le gouvernement peut encore "modifier substantiellement" le texte, a lui affirmé Jean-Claude Mailly.

Depuis le 31 mars, la contestation s'est élargie avec le mouvement "Nuit debout". Jeudi dans la soirée, le numéro un de la CGT, Philippe Martinez, s'est rendu Place de la République, occupée depuis près d'un mois. "Nous sommes pour la convergence des luttes, mais il y a besoin d'aller discuter avec les salariés", a-t-il déclaré sur place. "C'est bien de crier ici 'grève générale', mais c'est dans les entreprises que les salariés doivent se mettre en grève, et ça c'est plus compliqué", a-t-il reconnu.

DÉBUT DU DÉBAT PARLEMENTAIRE LE 3 MAI

L'intersyndicale CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, Fidl, UNL souhaite maintenir la pression à quelques jours du début du débat parlementaire, fixé au 3 mai. Le 1er mai sera donc aussi focalisé sur le projet de loi, perçu comme un facteur de précarité pour les salariés et comme trop favorable aux employeurs, en leur donnant par exemple plus de latitude en matière d'aménagement du temps de travail.

Le 3 mai, les opposants devraient se mobiliser pour appeler les parlementaires à "rejeter" le texte, pourtant déjà expurgé de mesures comme le plafond des indemnités prud'homales. Mais pas d'une mesure inacceptable par les syndicats : la possibilité de laisser un accord d'entreprise primer sur un accord de branche. Pour le rapporteur de la loi, Christophe Sirugue, le texte pourrait recueillir une majorité, malgré des points restant "à clarifier".

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