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Monsanto : avez-vous peur des OGM ?




Monsanto : avez-vous peur des OGM ?
Maïs

, publié le samedi 16 avril 2016 à 07h15

Le Conseil d'État a annulé vendredi une interdiction du MON810 du géant américain Monsanto remontant à 2014. Néanmoins, en raison d'un changement politique à Bruxelles, le maïs OGM restera interdit en France.



Le Conseil d'État a annoncé ce vendredi 16 avril l'annulation de l'interdiction du maïs OGM MON810 de Monsanto, une mesure réclamée par les producteurs. En mars 2014, le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll avait interdit la commercialisation, l'utilisation et la culture du maïs MON810, une variété génétiquement modifiée pour résister aux insectes ravageurs, invoquant le risque de résistance des insectes. Mais selon le Conseil d'État, le ministère n'apportait pas "d'éléments nouveaux reposant sur des données scientifiques fiables" et ne répondait donc pas aux conditions posées par la législation européenne à l'époque où l'arrêté a été pris.

"Entendre cela me choque profondément", s'est indigné Corinne Lepage, l'ancienne ministre de l'Environnement et présidente du parti Le Rassemblement citoyen - Cap21 rapporte 20 Minutes." On ne peut pas déclarer qu'il n'y a pas d'impact : la législation communautaire exige que des études sur les milieux récepteurs des cultures OGM soient réalisées, or elles ne sont jamais faites" a ajouté l'ancienne avocate. Par ailleurs, "le MON810 est un maïs tolérant au RoundUp, donc au glyphosate, une substance classée comme cancérigène par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), l'agence de l'Organisation mondiale de la santé (OMS)".

- Le maïs OGM toujours interdit en France -

La décision n'a néanmoins n'a pas inquiété Stéphane Le Foll qui a pris acte de ce jugement, mais s'est empressé de préciser qu'il n'aurait aucune incidence. En effet, le Parlement européen a transposé l'automne dernier dans la loi française un règlement européen adopté début 2015 qui autorise les États membres à interdire les mises en culture d'organismes génétiquement modifiés, s'ils le souhaitent. Sur cette base, la France avait demandé le 15 septembre 2015 à la Commission européenne d'exclure de son territoire toutes les formes de maïs OGM, y compris celles en cours d'autorisation dans l'UE, et Bruxelles a répondu positivement à cette requête le mois dernier.

À ce stade, et après des années de polémiques, le maïs MON810 de Monsanto est le seul OGM autorisé et cultivé sur le sol européen. Selon le site de l'Agence européenne de sécurité alimentaire (Efsa) d'autres pays européens (Allemagne, Autriche, Hongrie, Grèce, Roumanie, Bulgarie, Luxembourg) ont eux aussi adopté une clause de sauvegarde pour interdire la culture du MON810. Cependant au sein de l'UE, plus de 70 OGM sont autorisés à la commercialisation dans l'alimentation animale et humaine essentiellement : il s'agit de maïs, mais aussi de soja, de coton et de colza, rappelle l'Efsa.

La plupart des OGM importés dans l'UE servent à l'alimentation animale. En 2013, 36 millions de tonnes de soja ont été utilisées pour nourrir le bétail dans l'Union européenne, dont seulement 1,4 million de tonnes d'organismes non génétiquement modifiés produits au sein de l'Union européenne, détaille le Parlement Européen. La présence d'OGM dans un plat destiné aux humains doit apparaître sur l'étiquette du produit lorsque la teneur dépasse 0,9% de la denrée. En Europe, cela concernerait environ une trentaine de plats. "Toutefois les produits issus d'animaux nourris aux OGM ne sont pas étiquetés", pointe l'association Infogm.orgr rapporte Europe 1. Selon elle, les Français consomment donc indirectement des OGM.

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