Zemmour tient "un discours d'extrême droite", dénonce Copé (LR)

Zemmour tient "un discours d'extrême droite", dénonce Copé (LR)
L'ex-ministre (LR) Jean-François Copé, à Paris le 9 juin 2021
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publié le lundi 27 septembre 2021 à 13h50

Eric Zemmour tient un "discours d'extrême droite", a souligné lundi l'ex-ministre (LR) Jean-François Copé, en appelant la droite à "tenir bon" et exclure toute alliance avec le polémiste, possible candidat à la présidentielle.

"On est arrivé à un niveau de délire qui, dans l'indifférence intellectuelle générale", ou "l'absence d'indignation, la banalisation", "commence à peser lourdement", a déploré l'ancien président de l'UMP sur franceinfo.

Interrogé sur les propos du président de LR Christian Jacob pour qui le polémiste n'est pas d'extrême droite, M. Copé a dit penser le contraire: Eric Zemmour "utilise les ressorts de l'extrême droite, (...) l'extrême droite de Charles Maurras à travers l'idée de dire +c'était mieux avant+, une antienne de l'extrême droite du XIXe siècle, et deuxièmement la théorie du grand remplacement, aujourd'hui par les musulmans nous dit M. Zemmour, mais sous Charles Maurras c'était les juifs et les Italiens".

"A un moment il faut qu'on réalise quand même qu'on entend avec M. Zemmour un discours d'extrême droite", a insisté M. Copé, par ailleurs maire de Meaux.

D'ailleurs, les "excès" du polémiste, dont son souhait d'obliger à donner des prénoms français et ses propos répétés exonérant la France de responsabilité dans la rafle du Vél d'Hiv', finissent par "affadir" Marine Le Pen, la candidate du Rassemblement national à la présidentielle, a-t-il estimé.

Le polémiste s'en est de son côté pris dimanche aux Républicains (LR), "un parti de notables centristes" qu'il accuse d'avoir "trahi la droite" gaulliste et "RPR" dont il se réclame.

Dans ce contexte, Valérie Pécresse, la présidente de l'Ile-de-France qui espère représenter la droite à la présidentielle de 2022, estime que s'il finissait par se déclarer candidat pour 2022, il ne pourrait pas participer au congrès de décembre au cours duquel les militants LR choisiront le candidat de la droite, "parce que lui accepte l'idée d'un rassemblement droite-extrême droite", alors qu'"il y a une ligne rouge intangible: nous n'acceptons pas les alliances avec l'extrême droite".

Et Jean-François Copé de souligner: "Cela fait vingt ans qu'on tient bon avec Le Pen ; pourquoi est-ce que tout d'un coup on lâcherait avec Zemmour qui reprend exactement le même fil conducteur?"

Certaines voix dissonantes s'élèvent toutefois chez LR. Ainsi l'eurodéputé LR François-Xavier Bellamy dit-il "ne pas voir ce qui empêcherait" une telle participation car il faut "un dialogue le plus ouvert et le plus large pour pouvoir faire le choix le plus fort possible", a-t-il justifié lundi sur Public Sénat.

Avant lui, le député LR Eric Ciotti, candidat à l'investiture des Républicains, avait affirmé début septembre qu'il voterait Zemmour en cas de duel entre celui-ci et Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle.

Une affirmation qu'il n'a toutefois pas réitérée dans un entretien à BFMTV dimanche, au cours duquel il a dit sa "conviction que le seul candidat qui peut battre Emmanuel Macron sera un candidat issu des Républicains", et qu'une accession au second tour d'Eric Zemmour aboutirait à la victoire d'Emmanuel Macron.

Jean-François Copé, lui, concède: Eric Zemmour, crédité de 10-11% d'intentions de vote au premier tour de la présidentielle s'il était candidat, pourrait s'avérer être indirectement "un renfort" pour la droite puisqu'il rogne sur les intentions de vote pour Marine Le Pen, donnée jusque-là au second tour par les sondages face au président sortant.

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