Zemmour s'amuse à viser des journalistes avec un fusil, Schiappa s'indigne

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Eric Zemmour à Budapest, le 24 septembre 2021, où il avait été invité à une réunion de la droite conservatrice et identitaire hongroise
Eric Zemmour à Budapest, le 24 septembre 2021, où il avait été invité à une réunion de la droite conservatrice et identitaire hongroise
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© AFP, Attila KISBENEDEK

publié le mercredi 20 octobre 2021 à 22h23

Le polémiste d'extrême droite et candidat putatif pour 2022, Eric Zemmour, qui veut ôter les pouvoirs aux médias, s'est amusé mercredi à prendre pour cible des journalistes avec un fusil de précision lors de la visite du salon Milipol, suscitant l'indignation de la ministre Marlène Schiappa.

"C'est horrifiant. Surtout après avoir dit sérieusement vouloir +réduire le pouvoir des médias+. Dans une démocratie, la liberté de la presse n'est pas une blague et ne doit jamais être menacée", a réagi la ministre déléguée à la Citoyenneté.

Elle commentait une vidéo où l'on voit Eric Zemmour essayer une arme sniper, qui est la 3e génération du modèle utilisé par le RAID, puis dire aux journalistes "Ça rigole plus hein, poussez-vous, reculez !", avant de les viser et de reposer l'arme sur le stand en riant.

La police nationale a précisé à l'AFP que la scène s'était déroulée sur le stand du fabriquant, et non sur un de ceux de la police, où les visiteurs ne peuvent en aucun cas manier une arme et encore moins la pointer sur quelqu'un. 

"Il n'y avait pas de message politique, pas de menace", a ensuite réagi M. Zemmour auprès de la presse. "Marlène Schiappa est une imbécile, voilà ce que je lui réponds. Elle est grotesque et ridicule. Elle essaye de monter en manège une polémique grotesque", a-t-il ajouté.

"Nous avons des contre-pouvoirs qui sont devenus le pouvoir, c'est-à-dire la justice, les médias, les minorités. Nous devons enlever le pouvoir à ces contre-pouvoirs", avait déclaré le polémiste d'extrême droite lors d'une conférence aux allures de meeting samedi à Béziers.

Au salon Milipol de la sécurité intérieure, qui se tient à Villepinte (Seine-Saint-Denis), M. Zemmour était notamment accompagné par le général Bertrand de la Chesnais, ancienne tête de liste soutenue par le RN aux élections municipales de 2020 à Carpentras (Vaucluse).

Le polémiste a jugé "intéressant de voir comment on peut protéger notre pays" contre les "guerres dissymétriques, entre un groupe qu'on appelle terroriste, moi que j'appelle jihadiste, et une armée ou une police".

Sur le pouvoir d'achat, il a affirmé qu'il ne voulait "pas tomber dans la course à l'échalote des mesures démagogiques". Selon lui, on a "un problème de pouvoir d'achat parce qu'on s'est appauvri" et "qu'on a désindustrialisé". Mais la "sécurité est importante aussi. Je viens là parce que c'est important".

Le vice-président LREM de l'Assemblée Hugues Renson a jugé la "séquence inouïe". "Un responsable politique ne joue pas ainsi", a-t-il ajouté, qualifiant Eric Zemmour de "saltimbanque".

"Heureusement qu'il vise mal" car "on ne pointe jamais une arme sur quelqu'un, c'est un moment d'immaturité", a commenté sur LCI le député LR Eric Woerth. 

L'eurodéputé RN Thierry Mariani a estimé sur la même chaine que "ceux qui menacent les journalistes c'est plutôt les islamistes (...) et ce n'est pas un candidat qui a fait peut-être une mauvaise blague".

Il a assuré que "la connaissance du terrain fera que Marine Le Pen", talonnée dans les sondages par M. Zemmour, "se retrouvera au 2e tour, même si j'observe qu'Eric Zemmour fait une bonne campagne".

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