Voyage de Macron aux Etats-Unis : sur le fond, rien n'a bougé avec Trump

Voyage de Macron aux Etats-Unis : sur le fond, rien n'a bougé avec Trump
Lors de son ultime conférence aux Etats-Unis, devant des étudiants de l'université Georges Washington, Emmanuel Macron a répété les différences de vues qu'il pouvait avoir avec Donald Trump.

leparisien.fr, publié le jeudi 26 avril 2018 à 06h44

Cette visite d'Etat du président français, qui a pris fin dans la nuit de mercredi à jeudi, a été marquée par la proximité affichée avec son hôte Donald Trump. Mais le statu quo demeure quant à leurs désaccords.

C'est vrai, il y a eu les bises, les accolades, et même des gestes d'amitié parfois déroutants. Et puis, des désaccords, éclatants. L'entourage du président n'en faisait pas mystère avant ce déplacement à Washington : Paris ne s'attendait pas à des déblocages sur les nombreux différents entre Emmanuel Macron et Donald Trump. Il n'y en a effectivement pas eu. Mais le Français a pu, dans le cadre privilégié de cette visite d'Etat, la première qu'accueillait l'Américain, pousser ces pions et défendre ses positions.

En tête-à-tête dans le bureau ovale mardi, lors de la décoiffante conférence de presse qui a suivi, mercredi lors d'un discours très offensif au Congrès et, plus tard, lors d'une séance de questions-réponses avec la presse juste avant de repartir vers Paris.

Sur l'avenir de l'accord sur le nucléaire iranien, indexé à la décision de Donald Trump, le 12 mai prochain, Emmanuel Macron s'est montré plutôt pessimiste. « Je n'ai aucune information d'initié. Mais je suis doté des mêmes sens que vous. Il m'a semblé qu'il n'y avait pas une volonté farouche de le maintenir ou de le défendre. Je ne sais pas quelle sera la décision américaine », a-t-il indiqué.

Et de préciser que « l'analyse rationnelle » des déclarations fracassantes du président Trump, inflexible à l'endroit du programme atomique iranien, laissait peu de place au doute. Sans parler de la base électorale de l'Américain, qui aspire à voir ce « deal » déchiré. « Mon avis est qu'il va se débarrasser de ce deal pour des raisons de politique intérieure », avait-il dit plus tôt devant une poignée d'éditorialistes américains triés sur le volet.

Sur l'Iran, la solution alternative de Macron

C'est parce que Macron anticipe cette décision qu'il cherche à construire une solution alternative, a-t-il expliqué, lors de sa conférence de presse finale. Voilà pourquoi le Français a proposé à son homologue un accord plus global. Mercredi, le président en a précisé les contours, tout en indiquant sa volonté de préserver l'accord d'origine. L'idée serait d'y ajouter trois autres « piliers ».

Ces derniers concernent la période post-2025, lorsque plusieurs clauses concernant les activités nucléaires vont expirer, mais aussi les missiles balistiques très controversés de Téhéran et son rôle déstabilisateur dans la région. Une proposition qu'ont déjà rejetée Russes, et Iraniens alors que les Européens, prudents, souhaitent avant tout conserver l'accord initial. Un puzzle diplomatique des plus complexes dans le creux de la main de l'Américain.

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