"Vous patachonnez dans la tête" : vif échange entre Emmanuel Macron et un enseignant sur la réforme des retraites

"Vous patachonnez dans la tête" : vif échange entre Emmanuel Macron et un enseignant sur la réforme des retraites
Emmanuel Macron a été interpellé par un professeur le 14 janvier à Pau.

, publié le mardi 14 janvier 2020 à 16h14

Le chef de l'État a été pris à partie mardi matin à Pau par un enseignant qui lui a crié de "retirer" la réforme des retraites. "Vous êtes là, vous criez à partie et vous n'êtes pas sympathique, ni respectueux", lui a sèchement répliqué le président. 

À Pau (Pyénnées-Atlantiques) ce mardi 14 janvier, pour une visite sur le thème de l'écologie, Emmanuel Macron s'est fait rattraper par la réforme des retraites.

Alors qu'il se rendait palais Beaumont pour une table ronde sur la transition écologique, le président a été interpellé par un professeur de maths de collège qui lui a crié de "retirer" sa réforme des retraites, qui fait l'objet d'une grève qui dure depuis 41 jours. 




Le président lui a sèchement répondu : "Monsieur, je suis gentil moi, vous êtes là, vous criez à partie, vous n'êtes pas sympathique, ni respectueux. Faisant fi de tout ça, je viens vous voir et je vous parle. Ne me donnez pas de leçon de respect je vous en prie ou appliquez-les à vous-même !". Plus calme, l'enseignant explique alors que "pour se faire entendre, il faut parfois crier." "L'exemplarité est aussi utile", a répliqué le chef de l'État. 



"Ce n'est pas en donnant la légion d'honneur à BlackRock qu'on l'est", lui a répondu l'enseignant, en référence à la promotion dans la légion d'honneur du patron du gestionnaire d'actifs BlackRock France, Jean-François Cirelli. "Vous mélangez tout, vous patachonnez dans la tête", lui a reproché Emmanuel Macron. "Non, la réforme des retraites est un cadeau pour tous ces gens-là, car les gens seront obligés de prendre des (retraites) à côté, regardez les enseignants", a poursuivi le professeur. "C'est faux", a contesté le président.  

Cet échange, qui s'est ensuite un peu prolongé, s'est néanmoins conclu une poignée de main.

"Je ne le crois pas un instant"

"Je souhaitais attirer l'attention de Monsieur Macron sur sa réforme des retraites ainsi que sur les conditions de travail des enseignants", a expliqué ensuite l'enseignant à Sud-Ouest. Il a pu accéder au Palais Beaumont grâce à une une accréditation car il est aussi "au syndicat des transports de l'agglomération paloise car je suis conseiller municipal à Morlaas".

"Il m'a répondu que la situation des enseignants s'améliorait (...) et qu'ils allaient être les grands bénéficiaires de cette réforme des retraites", a précisé l'enseignant. "Je ne le crois pas un instant", a-t-il déploré.

Il a été "étonné" de la façon avec laquelle il a pu dialoguer avec Emmanuel Macron. "Il est resté sur ses positions, a expliqué le professeur. Je l'ai invité de venir voir comment ça se passe dans mon collège". "Il m'a appelé mon ami, moi je ne suis pas l'ami du président", a-t-il conclu.

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