Vote par correspondance: "une voie à explorer", selon Fesneau

Vote par correspondance: "une voie à explorer", selon Fesneau
Marc Fesneau le 30 septembre 2020 à Matignon

, publié le vendredi 13 novembre 2020 à 10h24

La possibilité de voter par correspondance lors des élections régionales et départementales prévues en 2021 est "une voie qu'il faut explorer", a estimé vendredi sur Sud Radio le ministre des Relations avec le parlement Marc Fesneau.

Le rapport de l'ancien président du Conseil constitutionnel Jean-Louis Debré sur un éventuel report des élections régionales en raison de la crise sanitaire doit être remis en fin de matinée à Jean Castex.

Marc Fesneau a plaidé pour "trouver, à défaut d'un consensus, une voie de convergence pour dire que c'est plus raisonnable que le débat démocratique puisse se passer dans les meilleures conditions en juin", au lieu de mars comme prévu.

Parmi les responsables politiques favorables à un report du scrutin, le président (LR) du Sénat Gérard Larcher avait donné mardi son blanc-seing à un report en juin 2021, ce qui permettrait une "expression apaisée de la démocratie" en période de crise sanitaire.

Interrogé sur la possibilité d'utiliser le vote par correspondance à cette occasion, M. Fesneau a considéré que "manifestement c'est un débat qui est sur la table, qui est posé par (ses) amis du MoDem" notamment.

M. Fesneau dit avoir lui-même "besoin d'éclairer (sa) propre opinion (...) pour savoir si c'est faisable, dans quel délai c'est faisable et si ça peut être intéressant en ce qui concerne la mobilisation" des électeurs.

"En tout cas c'est une voie qu'il faut explorer", a-t-il conclu.

Le gouvernement a pour l'heure semblé hostile au vote par correspondance et des cadres de la majorité ont jugé les délais trop serrés pour les régionales de 2021.

Comme le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, le président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde est de ceux qui sont contre, expliquant que "c'est parce qu'il permettait toutes les fraudes qu'on est revenu dessus en 1975", justifie-t-il dans un message à l'AFP.

L'eurodéputé EELV Yannick Jadot, favorable au vote par correspondance, balaye pour sa part l'argument du risque de fraude, faisant valoir que "nous sommes en 2020, le monde a un peu changé, avec internet et le numérique".

Il a salué sur Radio Classique vendredi "le consensus en train de s'installer" pour un report du scrutin en juin, et souligné l'intérêt d'initiatives pour "ne pas se retrouver comme aux municipales" de 2020 lors desquelles l'abstention avait été record.

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