Vote par anticipation : "il n'y a pas besoin de parler de tambouille", réagit Christophe Castaner

Vote par anticipation : "il n'y a pas besoin de parler de tambouille", réagit Christophe Castaner ©BERTRAND GUAY / AFP

publié le mercredi 17 février 2021 à 09h51

Christophe Castaner a tenté d'éteindre la polémique alors que l'opposition reproche au gouvernement un amendement surprise sur le vote par anticipation.

Surprise mardi 16 février au Sénat avec le dépôt par le gouvernement d'un amendement permettant le vote par anticipation pour l'élection présidentielle de 2022, avec des "des machines à voter".

Un texte qui a pris de court les parlementaires, au sein même de la majorité. L'initiative a immédiatement été critiquée au centre et à droite, le président des sénateurs LR Bruno Retailleau y voyant une "manœuvre politicienne". 


"Le gouvernement ouvre le débat et n'imposera rien"

"Il n'y a pas besoin de parler de tambouille", a répondu Christophe Castaner, patron des députés LREM à l'Assembléesur France 2 mercredi 17 février. Il souligne que ce vote par anticipation serait, s'il est autorisé, instauré "sous le contrôle évidemment, et la transparence, de ceux qui sont les responsables de l'élection". "On peut rester nostalgique. Surtout ne changeons rien : le Sénat nous a habitués régulièrement à cela", a-t-il raillé, mais "le gouvernement ouvre le débat et n'imposera rien. C'est le parlement et le Sénat qui votera et décidera". 


"L'objectif, c'est de faire baisser l'abstention", a-t-il encore argumenté en faisant valoir les exemples des Etats-Unis et du Portugal, où selon lui "ça marche". Cette proposition vise aussi à "anticiper" dans le cas où l'élection devrait se tenir dans un contexte de crise sanitaire qui perdurerait. Une adoption du vote par anticipation par les parlementaires constituerait une première en France. L'amendement ajouté au dernier moment lundi à un texte sur l'organisation technique du scrutin présidentiel le prévoit dans certains bureaux, via une machine à voter, à une "date fixée par décret, durant la semaine précédant le scrutin". Les électeurs pourraient "demander à voter dans une autre commune de leur choix parmi une liste de communes arrêtées par le ministre de l'Intérieur".

"Un Opni, objet parlementaire non-identifié"

Mercredi matin sur Franceinfo, le patron des sénateurs UDI Hervé Marseille a dénoncé la façon de faire du gouvernement. "Dans ce pays, le Parlement est traité comme un accessoire. On nous prévient sur un coup de fil avant-hier soir, on dépose un amendement hier matin, et aujourd'hui on va regarder en commission des lois cet amendement. L'Assemblée nationale a déjà discuté le texte (...). Et puis, d'un seul coup, on vous amène un texte, une espèce d'Ovni, ou plutôt un Opni, un objet parlementaire non identifié, on ne sait pas d'où ça sort, on ne sait pas à quoi ça sert", a fustigé Hervé Marseille.

"Le vote par procuration, le vote par correspondance, voire un vote électronique, ça peut se discuter. Il faut avoir une discussion globale. On ne peut pas avoir des discussions comme ça, segmentées, il faut avoir un débat sur la façon dont les gens peuvent voter. Et je pense que la proportionnelle fait partie de ce débat. Et on ne peut pas, du jour au lendemain voir l'exécutif envoyer des amendements sans même qu'on sache d'où ça vient, à quoi ça sert", a-t-il plaidé.

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