Voile : Edouard Philippe rappelle la loi aux députés

Voile : Edouard Philippe rappelle la loi aux députés
Edouard Philippe, le 8 octobre 2019, à l'Assemblée nationale

, publié le mardi 15 octobre 2019 à 16h55

Interpellé par un député Les Républicains à l'Assemblée nationale ce mardi 15 octobre, le Premier ministre a indiqué qu'il ne souhaitait pas "faire une loi sur les accompagnants scolaires". Cette prise de parole intervient en réponse à la polémique provoquée par la sortie d'un élu RN en fin de semaine dernière, qui s'en était pris à une mère d'élève voilée.

Edouard Philippe a déclaré qu'il ne souhaitait pas "faire une loi sur les accompagnants scolaires", dans un contexte de polémique sur le port du voile, pointant plutôt "l'enjeu" des "dérives communautaires" et de la "déscolarisation".

"Je ne pense pas pour ma part (...) que l'enjeu aujourd'hui ce soit de faire une loi sur les accompagnants scolaires", a souligné le Premier ministre à l'Assemblée nationale, en réponse au député Jean-Louis Masson, qui l'exhortait à "sortir de l'ambiguïté".

"Serez-vous prêt oui ou non à interdire le port du voile lors des sorties scolaires", avait lancé l'élu du Var. "L'enjeu, c'est de combattre efficacement, avec le soutien de l'ensemble de nos concitoyens, les dérives communautaires", a poursuivi le chef du gouvernement, qui a profité de l'occasion pour rappeler les lois en vigueur aux députés. 


"La France est une République qui a progressivement placé la laïcité au coeur de ses valeurs" a t-il déclaré, mentionnant l'article 10 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, qui prévoit que "nul ne doit être inquiété pour ses opinions même religieuses pourvu que leurs manifestations ne troublent pas l'ordre public établi par la loi". Le patron de Matignon a ensuite détaillé la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation de l'église et de l'Etat, qui prévoit que la République ne reconnait ni ne salarie aucun culte.

"Cette interdiction ne s'applique pas aux parents d'élèves"

"La laïcité est donc un double-principe : la liberté des citoyens de croire ou ne pas croire, et la neutralité des pouvoirs publics s'agissant des faits religieux, s'agissant notamment des agents du service public", a t-il dit, avant de poursuivre : "Quant aux usagers du service public, ils ne sont pas soumis à l'exigence de neutralité sauf exception prévue par la loi, il y en a une, note t-il au sujet du port de signes religieux ostensibles dans les établissements scolaires. Cette interdiction ne s'applique pas aux parents d'élèves. On peut porter un voile quand on accompagne une sortie scolaire mais on n'a pas le droit. Voilà, l'état du droit. Je ne crois pas inutile de rappeler ce qu'est le droit et ce qu'est la loi", a t-il lancé.

La majorité semble divisée sur la question. Si la loi n'interdit pas le port du voile dans cette situation, le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer avait estimé ce dimanche 13 octobre qu'il n'était "pas souhaitable dans notre société", provoquant une passe d'armes avec l'élu LREM Aurélien Taché. A l'inverse, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a dit ne pas avoir "de difficulté à ce qu'une femme voilée participe à une sortie scolaire".

 

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