Visite sous tension à Marseille pour Éric Zemmour

Visite sous tension à Marseille pour Éric Zemmour
Éric Zemmour à Marseille, le 26 novembre 2021.

publié le samedi 27 novembre 2021 à 10h11

Le polémiste d'extrême-droite, qui doit prochainement officialiser sa candidature à la présidentielle, est à Marseille vendredi 26 et samedi 27 novembre. Une visite pas très bien perçue par la population.

"Vous n'êtes pas le bienvenu".

En déplacement à Marseille pour deux jours, Éric Zemmour a rencontré vendredi 26 novembre un accueil glacial dans la cité phocéenne, ville qu'il a présentée comme "l'anti-exemple" et "désintégrée par l'immigration". "Si on ne fait rien, toute la France sera comme Marseille, une ville submergée par l'immigration et en partie islamisée", a déclaré à la presse le polémiste, qui doit prochainement annoncer sa candidature à l'élection présidentielle, à l'issue d'une visite du quartier historique du Panier et de la basilique Notre-Dame de la Garde. 



Marseille ville cosmopolite "c'est un mythe", a ajouté l'essayiste. Ville portuaire, Marseille a été façonnée au cours des siècles par différentes migrations, italienne, arménienne, comorienne et du Maghreb, entre autres.

"Zemmour, Marseille n'est pas à toi"

Éric Zemmour a également échangé avec des représentants de France Police, un syndicat de policiers minoritaire non représentatif, présenté comme proche du Rassemblement national (RN), devant lesquels il a défendu pour la police "le monopole de la force et de la violence légitime".

Le diocèse de Marseille avait prié le polémiste de ne pas s'exprimer dans l'enceinte "sacrée" de la "Bonne Mère", où il avait prévu ce point presse, qui a finalement eu lieu en dehors du sanctuaire. "Qu'il visite Notre-Dame est son droit, mais ce n'est pas le lieu pour une déclaration politique", avait insisté le diocèse auprès de l'AFP, en précisant que cette demande était la même quel que soit le parti politique concerné.

Éric Zemmour avait auparavant déambulé très brièvement, sans rencontrer personne, dans le quartier du Panier, sous les cris de manifestants qui scandaient "Zemmour casse-toi, Marseille antiraciste", "vous n'êtes pas le bienvenu". Il était guidé par une élue municipale ex-RN Jeanne Marti. "Ce n'est pas des Marseillais, c'est des militants", a affirmé l'essayiste. 

"C'est du cirque médiatique. Je connais cela puisque j'ai été journaliste politique. J'ai suivi Jacques Chirac, Philippe Séguin, François Mitterrand... Je sais exactement que c'est de la mise en scène. Tout le monde le sait. Tout le monde sait qu'on déambule et qu'on ne voit pas vraiment les gens", a réagi le candidat putatif au micro de franceinfo. 

Vendredi matin, à bord du TGV en direction de Marseille, Éric Zemmour est finalement descendu du train à Aix-en-Provence au lieu de la cité phocéenne, où l'attendaient des manifestants opposés à sa venue. Son entourage a expliqué ce changement d'arrivée par la nécessité de "s'adapter", en accusant "des médias" d'avoir transmis son programme à des "organisations en relayant les appels à la violence contre Éric Zemmour".

Dans la soirée, 200 à 300 personnes ont manifesté à nouveau contre sa venue près de la Canebière, la célèbre artère descendant vers le Vieux-Port, avec comme slogan "Zemmour, Marseille n'est pas à toi". "C'est normal d'être là. Il faut arrêter ce monsieur et tous ceux qui propagent les mêmes idées. Il trimballe de la haine", a déclaré à l'AFP une des manifestantes, Annick Chaillé, de la Ligue des droits humains, 75 ans. 

Le maire de Payan dénonce une "propagande abjecte"

Le maire socialiste de Marseille Benoît Payan, qui signait au même moment un contrat territorial d'accueil et d'intégration avec le délégué interministériel à l'accueil et l'intégration des réfugiés, a souligné que "tout dans notre histoire (...) fait rempart au refus de l'autre, aux discours de rejet, de haine, de divisions".



"Ceux qui manipulent et tordent notre histoire de France pour mieux la réécrire dans une propagande abjecte seraient bien inspirés en venant ici à Marseille, ville qui a donné son nom à l'hymne national, de revoir notre histoire et notre identité", a ajouté l'édile dans une allusion à Éric Zemmour, qui truffe ses discours de références à l'histoire mais la fait parfois mentir.

Samedi, Eric Zemmour doit se rendre sur le Vieux-Port, au marché aux poissons, après un "rendez-vous provençal" vers la cathédrale de la Major

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