"Violences par des policiers" : pour Rachida Dati, Emmanuel Macron a "affaibli l'autorité de la police"

"Violences par des policiers" : pour Rachida Dati, Emmanuel Macron a "affaibli l'autorité de la police"
La maire du VIIe arrondissement de Paris, Rachida Dati.

, publié le samedi 12 décembre 2020 à 20h12

Dans une interview, Emmanuel Macron a reconnu "des violences par des policiers". Des propos qui font réagir Rachida Dati.

"Le président de la République ne doit pas dire cela." Dans une interview au Parisien publiée ce samedi 12 décembre, Rachida Dati a chargé Emmanuel Macron après ses propos auprès de Brut tenus une semaine plus tôt.

Le chef de l'Etat avait alors reconnu "des violences par des policiers", expression qu'il a dit préférer à celle de "violences policières" - déplorant que la deuxième soit devenue, selon lui, "un slogan" - provoquant l'ire des syndicats de police.


"En disant cela, Emmanuel Macron affaiblit l'autorité de la police. Il oublie aussi que les forces de sécurité sont épuisées et sont devenues le dernier rempart dans un pays où tous les repères d'autorité sont remis en cause. D'ailleurs, les policiers déplorent le manque de soutien de l'institution judiciaire quand la violence est à leur encontre", a estimé Rachida Dati.

Le président de la République a également regretté qu'"aujourd'hui quand on a une couleur de peau qui n'est pas blanche, on est beaucoup plus contrôlé (..) On est identifié comme un facteur de problème et c'est insoutenable". Des propos qui ont "choqué" l'ex-garde des Sceaux.


"On ne veut pas voir la réalité"

"Emmanuel Macron semble oublier que les contrôles d'identité se font sur réquisition du procureur de la République dans un cadre très déterminé pour des faits précis. Encore une fois, on ne veut pas voir la réalité. C'est plus facile de cibler la police que de s'interroger sur les raisons pour lesquelles la délinquance a prospéré dans des territoires ghettoïsés", a commenté Rachida Dati.

L'interview d'Emmanuel Macron a été réalisée peu après l'une des dernières affaires de violences policières : le 21 novembre dernier, les images du passage à tabac du producteur de musique Michel Zecler par des policiers ont choqué le pays. Après les propos du chef de l'Etat, le SCPN, Syndicat des commissaires de la police nationale, a écrit dans un communiqué : "Nous n'acceptons pas que la police soit considérée comme violente de façon systémique, ni même raciste, ni même tout autre chose que ce qu'elle est: une institution fortement éprouvée par l'accumulation des crises, gravement paupérisée par des années d'abandon des politiques publiques."

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