Violences en Guadeloupe : Emmanuel Macron ne veut "rien céder au mensonge et à la manipulation", face à "une situation très explosive"

Violences en Guadeloupe : Emmanuel Macron ne veut "rien céder au mensonge et à la manipulation", face à "une situation très explosive"
Emmanuel Macron à Amiens, lundi 22 novembre.

publié le lundi 22 novembre 2021 à 15h03

Le chef de l'État s'est exprimé sur les troubles dans le département, partis de l'obligation de se vacciner contre le Covid-19 pour les soignants, en marge d'un déplacement à Amiens lundi. Il se félicite d'une "adhésion croissante à la vaccination" en Guadeloupe, malgré l'opposition d'une "toute petite minorité". 

 


 Emmanuel Macron assure les Guadeloupéens de la "solidarité" de la nation, alors que le département est en proie à des émeutes.

Il demande de "ne rien céder au mensonge et à la manipulation". Le chef de l'État a assuré, lundi 22 novembre, en marge d'une visite à Amiens (Somme), qu'il y avait en Guadeloupe "une adhésion croissante à la vaccination", malgré l'opposition d'une "toute petite minorité", "très active". "On ne peut pas utiliser la santé des Françaises et des Français pour mener des combats politiques" et "il faut que l'ordre public soit maintenu", estime-t-il. "Il y a une situation qui est très explosive, qui est liée a un contexte très local, à des tensions qu'on connaît et qui sont historiques et aussi à certains intérêts qui cherchent un peu à utiliser ce contexte et l'anxiété", estime le président de la République. "Le gouvernement est mobilisé", a-t-il assuré, précisant que les ministres des Outre-mer, Sébastien Lecornu, et de l'Intérieur, Gérald Darmanin, "ont dirigé eux-mêmes la cellule de crise samedi", "en suivi direct" avec "le préfet qui représente le gouvernement sur place". Le Premier ministre, Jean Castex, doit tenir une réunion à 18H00 à Matignon, en présence des deux ministres, du ministre de la Santé, Olivier Véran, ainsi que des élus guadeloupéens. La réunion doit aussi permettre "un dialogue sur les conséquences de l'obligation de vaccination pour les soignants et les pompiers", selon Matignon. 90% des soignants vaccinés"La nation est en solidarité", a répété Emmanuel Macron, citant "les soutiens, les moyens, les matériels, les lits" déployés "quand c'était nécessaire" sur l'île antillaise. Il se félicite que "les Guadeloupéens (aient) adhéré progressivement, et de plus en plus, à la vaccination", et se réjouit qu'ils aient, "comme l'ensemble de nos ultramarins, (...) compris que c'était la solution". Depuis l'été, le taux de vaccination a progressé en Guadeloupe, avec désormais un taux de près de 90% des soignants vaccinés, et approchant 50% dans la population générale. Emmanuel Macron demande par ailleurs à retrouver "dans le calme et le respect de chacun (...) la quiétude et l'ordre public".La Guadeloupe, frappée de plein fouet par l'épidémie du Covid-19 cet été, est secouée depuis une semaine par un mouvement ayant pour origine la contestation de l'obligation vaccinale des soignants, qui a dégénéré en crise sociale émaillée de nombreuses violences. Le lancement d'une grève générale illimitée par les syndicats s'était d'abord traduit par des blocages routiers et un piquet de grève au CHU de Guadeloupe, empêchant le bon fonctionnement de l'hôpital. Les établissements scolaires fermésMais des violences et des pillages ont débuté dans la nuit de jeudi à vendredi. Face à une situation se détériorant rapidement, le gouvernement a envoyé des renforts de policiers et de gendarmes, notamment 50 membres du GIGN et du Raid, tandis que le préfet a instauré un couvre-feu entre 18h00 et 5h00, jusqu'au 23 novembre. Les troubles se sont cependant poursuivis durant le week-end.Dans la nuit de samedi à dimanche, barrages routiers, incendies et pillages ont débouché sur 38 interpellations et fait deux blessés chez les forces de sécurité. Trente personnes soupçonnées d'avoir participé aux violences urbaines devaient être jugées lundi en comparution immédiate à Pointe-à-Pitre. Par ailleurs, la poursuite "des violences urbaines, exactions et autres entraves à la circulation", a conduit le rectorat à suspendre lundi l'accueil des élèves "dans les écoles, collèges et lycées". Les cours n'avaient déjà pas eu lieu vendredi. Appel à la grève en MartiniqueDans plusieurs communes, des magasins alimentaires et des pharmacies ont été pillés. "À chaque fois, une barricade placée en amont nous empêchait d'avancer", selon des gendarmes, qui témoignent aussi de soupçons de "faux appels pour nous attirer ailleurs, tout comme les pompiers". Dans la commune de Morne-à-l'Eau, un poste de police a été incendié. "Plus de 80 commerces ont été pillés", a précisé le président de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) des îles de Guadeloupe, Patrick Vial-Collet, lundi sur France Inter, décrivant une "situation assez insurrectionnelle". "Ce n'est pas un mouvement social et de grève, il n'y a quasiment aucun gréviste", selon lui. Mais "des jeunes casseurs, une vraie guérilla, qui pillent les entreprises, et qui profitent de la nuit pour s'attaquer aux biens matériels". L'Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG), en pointe de la contestation, a appelé ce week-end "à poursuivre la mobilisation et à renforcer les piquets de revendications populaires". Par ailleurs, un appel à la grève générale a été lancé en Martinique, à partir de ce lundi.

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