Violences conjugales : Édouard Philippe annonce une série de mesures pour provoquer un "électrochoc"

Violences conjugales : Édouard Philippe annonce une série de mesures pour provoquer un "électrochoc"
Édouard Philippe a présenté lundi 25 novembre une série de mesures pour lutter contre les violences conjugales.

, publié le lundi 25 novembre 2019 à 10h15

Inscription dans la loi de l'"emprise" psychologique, réforme de l'autorité parentale du père violent, suppression de certaines "absurdités" : le Premier ministre  a annoncé lundi un plan de lutte contre les violences conjugales.

Depuis le début de l'année 2019, au moins 117 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, selon un décompte et une étude au cas par cas menés par l'AFP. Pour lutter contre ce fléau, le gouvernement a lancé début septembre un "Grenelle contre les violences conjugales", clos ce lundi 25 novembre par l'annonce d'une série de mesures. 




Ce lundi matin, le Premier ministre Édouard Philippe, accompagné d'une douzaine de membres de son gouvernement, dont la secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa, a ainsi présenté ou confirmé une quarantaine de mesures, susceptibles selon lui de provoquer un "électrochoc". "La première victoire de ce Grenelle c'est d'avoir brisé la chaîne du silence.

Ce n'est pas suffisant mais c'est nécessaire", s'est félicité le chef du gouvernement en préambule. Il est revenu ensuite sur le rapport "glaçant" de l'inspection générale de la justice sur les homicides conjugaux, publié le 17 novembre, qui pointe des "dysfonctionnements majeurs" sur toutes les étapes de la prise en charge des victimes. "Il était important que ce rapport soit rendu public, non pour pointer des responsabilités individuelles, mais pour regarder en face les ressorts de quelque chose qu'on pourrait sans exagérer qualifier de faillite collective".

"Le gouvernement consacrera l'année prochaine plus d'un milliard d'euros en faveur de l'égalité entre les hommes et les femmes, dont 360 millions pour la lutte contre les violences faites aux femmes", a confirmé Édouard Philippe.

Il s'agira notamment de "mieux définir dans notre droit ce que recouvre le terme de violences", en créant une "nouvelle circonstance aggravante pour les auteurs de violences dans le cas de harcèlement ayant conduit au suicide", ou encore en inscrivant dans la loi la notion d'"emprise" psychologique, qui "prépare souvent la violence physique", a détaillé le chef du gouvernement lors de ce discours à Matignon.

Quelles mesures ?

Depuis la mise en place du Grenelle, la ligne d'écoute dédiée aux victimes de violences conjugales, le 3919, "reçoit environ 600 appels par jour contre 150 par jour avant le mois de septembre", a précisé le Premier ministre. Cette ligne va par ailleurs être renforcée et fonctionnera désormais "24 heures/24 et 7 jours sur 7", a expliqué dimanche soir au Figaro Marlène Schiappa. La secrétaire d'État a également annoncé la création de centres de prise en charge des hommes agresseurs pour faire baisser la récidive.

Édouard Philippe a de son côté annoncé lundi la proposition d'un texte au Parlement, dès janvier 2020, pour "suspendre l'autorité parentale" des pères violents. Certaines "absurdités juridiques" seront également supprimées, comme l'obligation alimentaire "qui contraint les enfants à subvenir aux besoins de leurs parents, donc de leur père, y compris quand celui-ci a assassiné leur mère".

Le Premier ministre a aussi affirmé la mise en place d'une formation "obligatoire" sur l'égalité entre les filles et les garçons à destination des enseignants. "Les enfants sont très souvent témoins de ces violences conjugales. Nous allons proposer aux personnels des établissements un formulaire unique de signalement en plus de la formation", a-t-il précisé.

Le chef du gouvernement a également confirmé que les règles régissant le secret médical seraient aménagées, pour permettre aux professionnels de santé de signaler plus facilement les "cas d'urgence absolue où il existe un risque sérieux de renouvellement de violence".

Certaines de ces mesures seront inscrites dans une proposition de loi que porteront deux députés LREM en janvier, a indiqué Édouard Philippe. D'autres mesures avaient été annoncées dès l'ouverture du Grenelle, le 3 septembre. Parmi elles : la création de 1.000 nouvelles places d'hébergement et de logement d'urgence pour les femmes victimes ou la généralisation du dépôt de plainte à l'hôpital.

Des mesures déjà existantes ?

Sur Twitter, la féministe Caroline de Haas a dénoncé des mesures qui existent déjà. "La levée du secret médical existe déjà en cas de danger de mort. Encore une 'annonce' qui n'en n'est pas une. Sincèrement, ce n'est pas sérieux", a-t-elle déploré. 




Elle a également affirmé que la formation des professionnels de l'éducation à la prévention des violences étaient prévue depuis 10 ans. 

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