Violences à Paris : "J'ai découvert le dispositif de sécurité en regardant le ministre de l'Intérieur sur France 3", regrette Anne Hidalgo

Violences à Paris : "J'ai découvert le dispositif de sécurité en regardant le ministre de l'Intérieur sur France 3", regrette Anne Hidalgo
Anne Hidalgo le 3 décembre 2018 à Paris.

, publié le lundi 03 décembre 2018 à 11h23

La maire de Paris regrette de ne pas avoir été associée à l'élaboration du dispositif de sécurité mis en place par le gouvernement samedi pour la troisième journée de manifestation des "gilets jaunes".

"L'État décide seul". Anne Hidalgo reproche au gouvernement de ne pas l'avoir associée aux mesures de sécurité pour la troisième journée de manifestation des "gilets jaunes" à Paris, théâtre samedi de scènes de guérilla urbaine.

"Je suis en lien quotidiennement avec le préfet de police. Je l'ai encore rencontré vendredi, à la veille de cette nouvelle journée de manifestation. Mais l'Etat décide seul. J'ai découvert le dispositif de sécurité et le périmètre retenus en regardant le ministre de l'Intérieur sur France 3 jeudi soir. Cela n'est pas satisfaisant", a dénoncé la maire de Paris dans les colonnes du Parisien, dimanche 2 décembre.



Selon l'édile, "les élus locaux ont une expérience du terrain qu'il est utile de prendre en compte. Je demande que les maires d'arrondissement et moi-même soyons davantage associés. J'ai écrit dimanche au ministre de l'Intérieur pour lui demander de nous recevoir en urgence. On ne peut pas faire sans les maires, même à Paris".

"Du jamais-vu depuis mai 1968"

"Ces scènes de violence sont inouïes. C'est du jamais-vu depuis mai 1968. La situation est très grave. La crise que nous traversons est une crise majeure. Il faut donc en prendre tout le sens et toute la portée", a poursuivi Anne Hidalgo qui estime qu'"il n'est pas possible d'avoir pendant des semaines et des semaines ces scènes d'émeutes et de dégradations...".



Samedi soir, Anne Hidalgo a rencontré les commerçants victimes des casseurs : "ce qu'on a vu samedi notamment dans les VIIIe, XVIe et XVIIe arrondissements, et même dans le Ier arrondissement, a été extrêmement traumatisant pour les commerçants et les riverains".

Elle appelle le gouvernement à apporter des "solutions politiques et sociales" à la "crise politique et sociale", car "c'est à lui que s'adresse ce mouvement". Mais sa réponse devra "s'appuyer sur les maires qui en place les services de proximité. Mais nous avons de plus en plus de mal à le faire, car les budgets sont de plus en plus contraints alors même qu'il y a de plus en plus de précarité et de besoin d'aides des familles".

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