Violences à Chanteloup-les-Vignes : une députée LR critique "l'angélisme" d'Edouard Philippe, qui lui répond

Violences à Chanteloup-les-Vignes : une députée LR critique "l'angélisme" d'Edouard Philippe, qui lui répond
Edouard Philippe, le 5 novembre 2019, à l'Assemblée nationale

, publié le mardi 05 novembre 2019 à 17h10

L'élue Les Républicains Valérie Lacroute a interpellé le Premier ministre au sujet de sa réaction après les violences commises à Chanteloup-les-Vignes, accusant le chef du gouvernement de "banaliser les faits". "L'important, ce n'est pas les termes, ce sont les actes", lui répond-il.

L'Assemblée nationale a été mardi le théâtre d'une passe d'armes entre Edouard Philippe et une députée de l'opposition à propos de la soirée de violences de samedi 2 novembre, à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines).

Une école de cirque avait notamment été incendiée lors d'une nuit de heurts, dans cette ville de la grande banlieue ouest de Paris. Le Premier ministre a ensuite qualifié de "bande d'imbéciles et d'irresponsables" les auteurs des faits.



"Nous avons été nombreux à être choqués par la légèreté avec laquelle vous avez considéré les agressions criminelles", a dénoncé la députée de Seine-et-Marne Valérie Lacroute. "Il ne s'agit pas d'agissements d'une petite bande d'imbéciles et d'irresponsables mais d'actes criminels qu'il faut réprimer avec fermeté". "Les mots ont un sens, et les vôtres ont donné l'impression de minimiser ou de banaliser les faits", a t-elle poursuivi, accusant le gouvernement "d'angélisme" et estimant que "c'est un message particulièrement inapproprié que vous avez adressé aux forces de l'ordre et aux pompiers".

L'allusion d'Edouard Philippe aux "racailles" de Nicolas Sarkozy

"Lorsque j'ai évoqué une petite bande d'imbéciles, j'ai probablement utilisé une formule de style qui est une litote" a répondu le chef du gouvernement, avant d'affirmer que "le choix du champ lexical appartient à chacun". Edouard Philippe a ensuite fait une référence à peine dissimulée aux termes employés dans le passé par certains élus. "Peut-être que sur vos bancs, on aurait parlé de 'racailles' (terme employé par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, lors des émeutes de 2005, ndlr) ou de 'sauvageons' (terme employé par Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'Intérieur, en 199, ndlr). L'important, ce n'est pas les termes, ce sont les actes", a t-il asséné, disant qu'il "préférerait que la question porte sur les actes plutôt que sur les adjectifs".

"Les actes commis sont effectivement des actes criminels". "Lorsque nous luttons contre les trafics, nous dérangeons les bandes, nous dérangeons les quartiers, et ça se traduit forcément par des réactions", a t-il ensuite ajouté, concédant toutefois que "sur les mots", il "veut bien concevoir que ce soit la nature du jeu politique" de relever les termes employés.

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