Entretien avec Etienne Pinte, député UMP

par LCP

Diffusé à près de 7 millions d’exemplaires, le journal Paroles de sans voix renouvelle une opération déjà effectuée lors de la campagne présidentielle de 2007. Il restitue des témoignages de personnes qui vivent dans la pauvreté mais ont décidé de se faire entendre.

Le but est de "faire changer le regard porté sur les plus pauvres, interpeller les candidats à la présidence sur leurs conditions de vie, les pousser à prendre position sur nombre de situations qui font scandale : c’est pour nous, toute l’ambition de Parole de sans voix, déclarent les présidents des trois associations, co-dirigées par l’Association Georges Hourdin. Son président espère le "même succès" pour 2012.**

Le supplément sera inséré demain et mercredi dans la plupart des quotidiens, nationaux et régionaux. Le Figaro et Le Progrès n'ont pas répondu à l'appel.

Cela fait trois ans que les organisations travaillent sur ce projet. Ce lundi matin, ils étaient nombreux à faire le déplacement à l'Assemblée nationale pour la conférence de presse lançant l'opération. Étienne Pinte, député UMP, est ravi : "les sans voix devaient se faire à l'Assemblée nationale, l'Assemblée du peuple, (…) le temple de la voix".

"Apprendre pas mal de choses"

"J'espère que les gens vont lire ce journal, ils apprendront pas mal de choses" considère une des rédactrices du journal, participant à la formation multimédia de Reporters Citoyen.

Le regard porté sur les plus précaires est, selon Geneviève Garrigos, de les considérer comme "des assistés", "des fraudeurs", "des délinquants". Un des intervenants, prend un exemple, parmi tant d'autres : la demande d'asile en France prend 21 mois, et durant cette période, vous n'avez pas le droit de travailler. Comment faire alors?

Batoul Bichara est une exilée tchadienne. Arrivée en 2002, fuyant son pays en guerre, elle a pu s'installer grâce à Amnesty International. Ses enfants étudient désormais. Elle est heureuse d'avoir pu témoigner sur l'exil dans le journal Parole de sans voix. "Je ne le referai pas si c'était à refaire… l'exil". "On est des sans-voix, car on peut pas… on n'a pas l'opportunité de s’exprimer".

Un autre témoignage poignant : celui de Paulette Liard, arrière grand-mère, employée de maison dès l'âge de 14 ans et aujourd’hui conseillère municipale à Loos (Nord). Une sans-voix ? "C'est surtout les autres qui n'ont pas d’oreilles". Désormais élue, "les autres ont changé de regard sur moi, mais moi je n'ai pas changé (…) je me sens toujours des leurs".

"Il faut aller plus loin"

Le député UMP, Étienne Pinte, était sur le plateau du journal de 13h de LCP. Il le concède, Nicolas Sarkozy a pris des mesures, "surement, mais il faut aller plus loin". François Bayrou et Eva Joly ont déjà rencontré les "sans voix", en présence du Secours Catholique. Un échange fructueux que les associations espèrent opérer avec les autres candidats.

http://www.inegalites.fr/spip.php?article373&id_mot=76] ne cessent de se creuser entre les pauvres et les plus riches, les plus démunis demandent avant tout de l'écoute, de la dignité, et un travail, "plutôt que des prestations".

**Geneviève Garrigos, présidente d'Amnesty International France, Pierre-Yves Madignier, président d'ATD Quart Monde et François Soulage, président du Secours Catholique

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