VIDÉO - Valls se défend de faire des "cadeaux" électoralistes

VIDÉO - Valls se défend de faire des "cadeaux" électoralistes
Manuel Valls, le 4 mai 2016 à l'Assemblée nationale.

Orange avec AFP, publié le mercredi 04 mai 2016 à 17h03

Prime des enseignants du primaire augmentée, aides aux agriculteurs, hausse du point salarial des fonctionnaires... Certains dans l'opposition dénoncent des stratégies électorales de la part du gouvernement à un an de la présidentielle.

Au lendemain de l'annonce par François Hollande d'une baisse d'impôts pour "les plus modestes" en 2017 dans le cas où le gouvernement disposerait de "marge budgétaire" et de la confirmation par Manuel Valls de l'augmentation de la prime annuelle des enseignants du primaire de 800 euros, ce dernier s'est défendu ce mercredi 4 mai de faire des "cadeaux" électoralistes à l'approche de la présidentielle.



Interpellé par la députée Les Républicains Virginie Duby-Muller (Haute-Savoie), qui dénonçait une "ficelle un peu grosse" en listant des dépenses annoncées par le gouvernement (prime aux enseignants du primaire, aides aux agriculteurs, hausse du point salarial des fonctionnaires...) et déplorait que le chéquier de l'exécutif "n'a(it) visiblement pas de limite", le Premier ministre s'est emporté lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale. "Il ne s'agit pas de cadeaux! Quelle vision, quel mépris, et des agriculteurs, et du service public, et des enseignants et des fonctionnaires en général quand on parle de cadeaux électoralistes!"a-t-il lancé. "Le gouvernement fait des choix, et des choix justes, et des choix que nous assumons pleinement", a plaidé Manuel Valls pour répondre à la parlementaire. "Les enseignants de ce pays méritent d'être pleinement respectés et soutenus dans leur mission essentielle. Mettez-vous d'accord avec vous-même : soit on les augmente, et on les respecte, soit on ne les augmente pas, et on ne les respecte pas", a-t-il lancé.

Le Premier ministre, qui a également défendu les moyens supplémentaires alloués aux forces de l'ordre après les attentats ou au renforcement de la formation des chômeurs, a fustigé la droite qui propose "la suppression de 300.000 fonctionnaires". "Ce débat doit avoir lieu devant le pays", a-t-il lancé. "Ce pays, la France s'est construit, et sa colonne vertébrale est ainsi faite, avec un État, avec des services publics, mais ce n'est pas désincarné, ce sont des hommes, des femmes, des agents, qui travaillent pour l'intérêt des Français", a-t-il encore déclaré.



La député Les Républicains n'est pas la seule à s'interroger sur les vraies motivations du gouvernement. "Je pense que les enseignants français sont mal payés, plus mal payés que les autres, mais je voudrais bien que le gouvernement nous dise d'où il tire cet argent" s'interrogeait dimanche l'ancien ministre de l'Éducation François Bayrou. "Depuis des semaines a commencé la grande opération clientéliste, qui consiste à essayer de récupérer, catégorie par catégorie, les voix des uns et des autres, en signant des chèques dont on n'a pas évidemment le premier euro sur son compte" déplorait également le président du MoDem. Tout en assurant que l'augmentation des enseignants était justifiée, le Front national avançait également le week-end dernier "une tentative (...) pour regagner un électorat perdu". Des accusations balayées mardi par le Premier ministre qui disait "assumer" ce choix "dans un pays qui voit les rémunérations des patrons exploser".

- Des "cadeaux" à "plus de 6 milliards d'euros" -

À combien se chiffrent ces "coups de pouce" du gouvernement aux fonctionnaires, enseignants, agriculteurs... ? "Ce qui m'inquiète beaucoup c'est que depuis le début de l'année, comme c'est cadeau toutes les semaines, ça fait plus de 6 milliards d'euros de dépenses nouvelles non financées qui ont été annoncées", déplorait lundi au micro de RTL le président Les Républicains de la Commission des Finances à l'Assemblée nationale Gilles Carrez .

"On est, pour être tout à fait précis, sur 5,5 milliards, d'après mes propres comptes, qui diffèrent de ceux de Christian Eckert, mais je suis persuadé que c'est moi qui ai raison", a-t-il précisé. Le gouvernement, par la voix du secrétaire d'État au Budget, a indiqué la semaine dernière que les dépenses nouvelles annoncées depuis le début de l'année atteindraient quatre milliards d'euros en 2016. "Si vous y ajoutez en plus une diminution d'impôts pour 2017, vous voyez que tout ça est en réalité financé par la dette."

"Avec une croissance à 1,5% (...) on n'équilibre pas les comptes. Il va falloir encore emprunter plus de 70 milliards d'euros en 2016. Donc notre dette, elle a largement dépassé maintenant les 2.000 milliards, elle s'approche des 100% du PIB", dénonçait-il. "Avec toutes ces dépenses supplémentaires, plus des baisses d'impôts, on risque d'avoir des comptes en 2017 très dégradés", prévenait-il. "Il va falloir qu'on soit très attentifs aux conditions de vote de budget pour 2017 et je crains qu'on soit obligés, s'il y a alternance, de se livrer immédiatement à un audit de nos comptes".

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