VIDÉO. Ségolène Royal : "Le plus dur, c'est d'être traitée de folle"

VIDÉO. Ségolène Royal : "Le plus dur, c'est d'être traitée de folle"
Ségolène Royal le 12 avril 2017 à l'Élysée.

, publié le jeudi 01 novembre 2018 à 00h00

Invitée sur France Inter mercredi 31 octobre à l'occasion de la sortie de son livre "Ce que je peux enfin vous dire", Ségolène Royal revient sur les attaques dont elle a été la cible en tant que femme en politique, et surtout de la part de son propre camp.

"Le plus dur, c'est d'être remise en cause dans son intelligence, d'être traitée de folle, de quelqu'un d'incontrôlable", raconte Ségolène Royal, invitée de France Inter mercredi 31 octobre pour la sortie de son livre "Ce que je peux enfin vous dire" (Fayard). La candidate malheureuse à la présidentielle de 2007 se souvient de la une de Libération évoquant "la gauche Bécassine".





L'ancienne ministre a tenu a raconté dans son livre, les attaques dont elle a été victime de la part de ceux qui auraient dû la soutenir. "Des adversaires, c'est la règle du jeu même si on peut penser qu'il y a des attaques qui sont insupportables (...) Mais de son propre camp, je pense qu'aucun homme politique n'a connu cela". Ségolène Royal déclare avoir voulu décrire "ce qu'une femme subit en politique et qu'un homme ne subit pas".

"Qui va garder les enfants ?"

Le Parisien raconte plusieurs épisodes narrés dans le livre de Ségolène Royal. Un président de commission d'enquêtes sur les farines animales qui en 2 000 se félicite qu'"une vache folle" participe à la réunion. Lionel Jospin qui, en lui confiant le ministère de la Famille, aurait lâché : "j'ai pensé qu'avec tes quatre enfants, tu pourrais faire l'affaire". Elle lorgnait pourtant sur la Justice. Plus récemment, en 2006, les propos qu'aurait prononcés Laurent Fabius alors que Ségolène Royal est candidate à la primaire du PS : "Qui va garder les enfants ?".



Elle cite également les "utérus sur pattes", ce surnom dont les dirigeants du PS avait affublé ses conseillères. Dans son livre, l'ambassadrice de France pour les pôles n'épargne aucun des éléphants du PS qu'elle appelle aussi "le cercle des hommes blancs hétéros", ni "le carré des hollandais historique". Ségolène Royal ne cite toutefois aucun nom mais il est parfois aisé de les reconnaître. Sur son ancien compagnon François Hollande, elle évoque "la violence de l'adultère" et le fait qu'il lui demande de ne pas venir à son investiture en 2012 car "c'est trop compliqué". Il ne la nommera pas ministre.

Portée par le mouvement #MeToo

Ces attaques misogynes qui ont rythmé la carrière de Ségolène Royal, pourtant moins exposée médiatiquement, ne s'arrêtent pas aujourd'hui. "La semaine dernière, un ancien ministre du gouvernement socialiste a dit à un hebdomadaire que j'avais un grain de folie", s'agace-t-elle.

Ce qui l'a poussé à témoigner ? "La prise de parole dans le mouvement #MeToo". Si se rappeler de ces moments a parfois été dur, Ségolène Royal croit pourtant que cela lui a fait du bien. "Ça a été douloureux de prendre la plume pour écrire et revivre un certain nombre de scènes que j'avais rangées dans ma mémoire frigorifiée", explique-t-elle.

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