VIDÉO. Royal : "Hulot est un très bon ministre", mais...

VIDÉO. Royal : "Hulot est un très bon ministre", mais...
Ségolène Royal à Cannes, le 22 mai 2017.

Orange avec AFP, publié le dimanche 08 octobre 2017 à 18h39

ÉCOLOGIE. L'ancienne ministre de l'Ecologie estime que son sucesseur est "en phase avec sa mission", mais tire néanmoins "une petite sonnette d'alarme" sur plusieurs sujets dont la Guyane et le glyphosate.

En laissant sa place le 17 mai dernier à Nicolas Hulos, Ségolène Royal a dit quitter le ministère de l'Écologie avec "la satisfaction qu'il sera entre de bonnes mains".

Cinq mois plus tard, qu'en est-il ?

Invitée de France Inter dimanche 8 octobre, l'ex-ministre de l'Écologie a estimé que Nicolas est "un très bon ministre parce que sa vie a été consacrée à la défense de l'environnement donc il en phase avec sa mission". Mais, a-t-elle poursuivi, "pour lui rendre service, il faut que je sois non complaisante et exigeante".

L'actuelle ambassadrice pour les pôles a cité "des points positifs", comme l'augmentation de 3% du budget du ministère de la Transition écologique, "des décisions qui sont prises pour faciliter le raccordement des énergies renouvelables" et "la généralisation du chèque pour personnes vulnérables". "On est là à la charnière, au moment où se nouent un certain nombre de décisions politiques, sur lesquelles je tire une petite sonnette d'alarme, pour l'aider", a-t-elle ajouté, parlant même de "points de vigilance extrême".



LE CAS DE LA GUYANE

Interrogée à ce titre sur la signature par l'ancien animateur d'"Ushuaïa" de la prolongation du permis exclusif d'exploration d'hydrocarbures détenu par Total au large de la Guyane, elle a dit la "regretter". "J'ai refusé de le signer ce permis comme tous les permis de recherche d'hydrocarbures depuis l'Accord de Paris sur le climat", a-t-elle commenté, rappelant que "les experts du Giec nous disent qu'il faut renoncer aux énergies fossiles si on veut réussir à atteindre le refroidissement, c'est-à-dire passer en dessous des 2°C" de réchauffement de la planète.

Reconnaissant avoir elle-même subi à l'époque de "très fortes pressions", elle a regretté un "mauvais service rendu à la planète et un mauvais service rendu même à Total", une "grande entreprise performante qui est en train d'investir massivement dans les énergies renouvelables". "Ce que la volonté de l'État aurait dû faire sans concession, c'est de dire à Total : 'vous allez faire de la Guyane un territoire d'avant-garde sur les énergies renouvelables'", a-t-elle insisté, évoquant une "occasion manquée de franchir un seuil spectaculaire".

"IL NE FAUT PAS QUE LA FRANCE VOTE L'UTILISATION DU GLYPHOSATE"

Mme Royal s'est également montrée très réservée sur la position française en Europe à l'égard du glyphosate, que contiennent de nombreux herbicides. Elle s'oppose fermement à la possibilité que ce produit qui fait l'objet d'une controverse sur son caractère cancérogène voit son autorisation prolongée sur le territoire européen. En tant que ministre, elle avait d'ailleurs décidé la fin de l'utilisation de ce désherbant par les collectivités locales, qui se sont tournées vers des solutions alternatives. "On a montré qu'il y avait des alternatives possibles. Il faut que les particuliers arrêtent d'acheter du Roundup", a expliqué l'ancienne ministre qui appelle à boycotter ce produit.

La France a confirmé le 25 septembre son intention de réduire progressivement l'utilisation agricole du glyphosate, sans pour autant énoncer clairement une stratégie de remplacement et une date butoir.

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