VIDÉO. Quand Laurent Wauquiez fait référence au nazisme pour condamner l'ouverture de la PMA

VIDÉO. Quand Laurent Wauquiez fait référence au nazisme pour condamner l'ouverture de la PMA
Laurent Wauquiez le 9 octobre 2018 à Paris.

Orange avec AFP, publié le lundi 19 novembre 2018 à 08h59

L'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes "mènera nécessairement" à la gestation pour autrui, "la marchandisation des gamètes" et "l'eugénisme", a estimé dimanche 18 novembre le patron des Républicains. "Tout ceci a été fait par un régime, c'est le nazisme", a-t-il insisté.

La procréation médicalement assistée par don de gamètes anonyme (PMA) est aujourd'hui autorisée en France pour les seuls couples de sexes différents infertiles ou risquant de transmettre une maladie à l'enfant.

Un projet de loi, qui doit être présenté par le gouvernement au premier semestre 2019, prévoit de l'ouvrir aux couples de femmes, ainsi qu'aux célibataires. "Elle sera remboursée bien évidemment", a assuré jeudi dernier la secrétaire d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa.

Pour le président des Républicains (LR), "c'est un engrenage qui mènera nécessairement à la marchandisation des gamètes". "Tout ceci a un nom, c'est l'eugénisme; tout ceci a été fait par un régime, c'est le nazisme", a poursuivi le leader de l'opposition de droite, qui s'exprimait dimanche 18 novembre devant les troupes de Sens commun, le courant conservateur de LR, en considérant également que "cet engrenage nous mènera inéluctablement à la gestation pour autrui, parce que tout le raisonnement intellectuel sur lequel il repose (y) mène évidemment".



Sens commun satisfait

"Et on considère que tout ceci est sans merci et n'a aucune conséquence?", a-t-il encore interrogé, en appelant à "défendre le mode naturel de reproduction, de filiation, de transmission". "Au-delà des souffrances, des demandes, des attentes de couple, il y a aussi ce que nous voulons pour l'avenir de notre pays", a fait valoir M. Wauquiez, en estimant que "l'enfant n'est pas un droit, l'enfant, c'est un devoir".

Le discours de Laurent Wauquiez avait valeur de test chez Sens commun. Fer de lance de l'opposition au mariage pour tous puis fidèle soutien de François Fillon durant la campagne présidentielle, le mouvement, qui revendique 9.000 sympathisants, se veut désormais un aiguillon conservateur chez LR. "Je suis pragmatique, j'écoute les discours et je regarde les actes de Laurent Wauquiez : pour l'instant, ça va dans le bon sens", s'est réjouie dimanche la présidente du mouvement, Laurence Trochu, qui avait réuni environ 500 personnes dans la banlieue parisienne pour des débats et tables rondes.

"Des propos abjects"

À l'inverse, les associations LGBT ont dénoncé des "propos abjects". "L'opposition et le débat public n'autorisent pas tout", a martelé SOS Homophobie.



Le Parti socialiste a de son côté condamné des "propos irresponsables et stupides" et réclamé des excuses.



"Chercher à séduire aveuglément Sens commun conduit aux outrances les plus abjectes", a fustigé dimanche soir sur Twitter le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux. "Nous irons au bout de nos engagements en faveur de la PMA pour toutes, dans le cadre républicain d'un débat digne", avait ajouté le représentant du gouvernement, qui a décidé de reporter au printemps l'examen du texte sur la PMA, pressé par sa majorité et toute la gauche, mais confronté aux bruyantes réticences de la droite.





Le député La République en marche (LREM) a dénoncé une "ignoble déclaration". "C'est aussi pour s'épargner des mois de déclarations nauséabondes qu'il faut que nous inscrivions au plus vite la PMA pour toutes dans la loi", a-t-il ajouté.

Laurent Wauquiez a "voulu rappeler les leçons de l'Histoire"

Lundi matin, le patron de LR s'est défendu.



"En rappelant l'horreur de l'eugénisme et du nazisme, j'ai voulu rappeler les leçons de l'Histoire. Nos débats contemporains ne sont évidemment pas les mêmes mais quand on parle d'éthique, il faut être très vigilant sur les chemins que nous ouvrons", a-t-il argumenté sur Twitter.

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