VIDÉO. Pourquoi Emmanuel Macron a refusé la démission de Gérard Collomb

VIDÉO. Pourquoi Emmanuel Macron a refusé la démission de Gérard Collomb
Emmanuel Macron et Gérard Collomb, le 4 février 2017 à Lyon.

, publié le mardi 02 octobre 2018 à 10h05

Pour protéger son administration après l'annonce de sa candidature à l'élection municipale à Lyon, le ministre de l'Intérieur a remis lundi sa démission au président de la République, qui a refusé. Le chef de l'État "veut rester maître des horloges", explique l'un de ses proches à RTL.

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a présenté lundi 1er octobre sa démission à effet immédiat à Emmanuel Macron pour protéger son administration d'une "sorte de campagne de dénigrement".

Mais celui-ci l'a refusée "pour mieux lui renouveler sa confiance" pour les mois à venir. "Face aux attaques dont le ministre fait l'objet depuis qu'il a confirmé qu'il serait candidat, le moment venu, à la mairie de Lyon, le président de la République lui a renouvelé sa confiance et lui a demandé de rester pleinement mobilisé sur sa mission pour la sécurité des Français", a indiqué l'Élysée à l'AFP, confirmant une information du Figaro.



Gérard Collomb avait annoncé le 18 septembre son départ du gouvernement après les élections européennes de mai 2019 pour se présenter l'année suivante aux élections municipales de Lyon. Depuis, plusieurs voix s'étaient élevées pour réclamer la démission immédiate du ministre de l'Intérieur, 71 ans. Ce qui a vraisemblablement lassé le locataire de la place de Beauvau. "Je crois qu'il en a eu marre du bashing dans les médias de ces derniers jours. Avec des articles très violents et des syndicats de police qui ne retiennent plus leurs coups", a confié un de ses proches à RTL.



Collomb "est plus Gaston que Defferre"

La radio explique notamment qu'un papier de L'Express lui est particulièrement "resté en travers de la gorge". Publié le 28 septembre et titré "Gérard Collomb en résidence surveillée", l'article dresse la liste des reproches "des flics, gendarmes, préfets ou anciens ministres". Ils condamnent son mince bilan, sa gestion de l'affaire Benalla, son âge ou encore sa méconnaissance présumée des dossiers et son "obsession lyonnaise".

Ses gaffes agacent. "Il est plus Gaston que Defferre", lâchent certains, quand d'autres se demandent "si Benalla ne ferait pas un meilleur ministre que lui". C'est "un type maladroit et inexpérimenté qui n'avait jamais été ne serait-ce que secrétaire d'État ou Ministre délégué. Un tout petit sénateur", est-il encore écrit dans cet article. À ces critiques viennent s'ajouter celles, publiques cette fois, de Daniel Cohn-Bendit. "M. Collomb a le droit à la retraite, qu'il quitte ce ministère, qu'il aille s'occuper de ses petits-enfants, des pâquerettes", a notamment balancé lundi 1er octobre sur Franceinfo l'écologiste.

Macron veut "rester le maître des horloges"

Malgré ses critiques répétées à l'encontre du chef de l'État, dont il fut pourtant l'un des premiers soutiens, le scénario d'une éviction rapide de Gérard Collomb n'a pas été sérieusement envisagé par Emmanuel Macron et le Premier ministre Édouard Philippe, moins d'un mois après la démission fracassante de Nicolas Hulot, selon un familier du sommet de l'État à l'AFP.

Un proche d'Emmanuel Macron a par ailleurs confié à RTL que le président de la République avait refusé la démission de Gérard Collomb parce qu'il suffit que la presse s'étonne et que ses amis le pressent pour qu'il envoie chier tout le monde". "Il veut rester le maître des horloges. Et il ne veut pas que l'un de ses hommes se fasse lyncher", a expliqué un autre membre de son entourage.

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