VIDÉO. Perquisitions chez Jean-Luc Mélenchon et au siège de La France insoumise

VIDÉO. Perquisitions chez Jean-Luc Mélenchon et au siège de La France insoumise
Jean-Luc Mélenchon le 24 juillet 2018 à l'Assemblée nationale.

Orange avec AFP, publié le mardi 16 octobre 2018 à 12h55

Le chef de file des Insoumis a annoncé ce mardi 16 octobre en direct sur Facebook faire l'objet d'une perquisition dans le cadre de deux enquêtes préliminaires. La première concerne des soupçons d'emplois fictifs d'attachés parlementaires, la seconde porte sur des soupçons d'irrégularités sur les comptes de campagne.

Le député des Bouches-du-Rhône dénonce une tentative d'intimidation et fait le rapprochement avec l'annonce du nouveau gouvernement.

Des perquisitions ont été menées ce mardi matin 16 octobre au siège de La France insoumise (LFI) et du Parti de gauche et au domicile de tous les responsables du mouvement, a annoncé sur Facebook Jean-Luc Mélenchon.



"Ce matin à 7h, huit policiers sont arrivés à mon domicile pour faire une perquisition", a par la suite précisé le leader de LFI dans une vidéo postée sur le réseau social. Selon lui, plusieurs proches, dont la secrétaire générale du groupe LFI à l'Assemblée nationale et des assistants parlementaires, ont également été perquisitionnés.



Deux enquêtes préliminaires

Ces perquisitions sont menées dans le cadre de de deux enquêtes préliminaires. La première concerne des soupçons d'emplois fictifs d'attachés parlementaires au Parlement européen, basée sur la dénonciation de l'ex-eurodéputée du Front national Sophie Montel. "Une dénonciation qui date d'il y a huit, neuf mois, peut-être un an", a souligné le député des Bouches-du-Rhône."Donc un an après, 'coucou surprise' les voici. Ils ne m'ont jamais rien demandé, jamais fait la moindre convocation, jamais eu le moindre entretien, et tout d'un coup huit policiers sont à mon domicile, dont certains armés, on ne sait jamais", a-t-il précisé ironiquement.



La seconde enquête préliminaire, ouverte en mai 2018, porte sur les comptes de campagne du candidat de LFI pour la présidentielle de 2017 et des soupçons d'irrégularités. "Dans cette affaire, j'ai demandé à ce qu'on remette à plat tous les comptes. Au lieu de ça, on m'envoie la police pour fouiller dans mon ordinateur. Mais comme cette affaire a plus de six mois, si j'avais eu quelque chose à cacher, vous vous imaginez bien que ce serait fait depuis longtemps", a assuré M. Mélenchon.

"Voilà ce qu'ils sont en train de faire pour intimider et faire peur"

"En ce moment, tous ceux qui ont travaillé avec moi ou qui ont été proches de moi ces dernières années subissent une perquisition. On leur prend leurs téléphones, on leur prend leurs ordinateurs. Voici les débuts du nouveau ministre de l'Intérieur, et de la ministre de la Justice. Voilà ce qu'ils sont en train de faire pour intimider et faire peur", a-t-il dénoncé.

"Et tout ça se passe le premier jour du nouveau gouvernement", souligne-t-il. "De deux choses, l'une : ou bien le nouveau gouvernement a pris cette disposition ce matin en étant constitué, ou bien quelqu'un est en train de régler des comptes avec "je-ne-sais-qui" et nous sommes pris au milieu de tout ça", a-t-il ajouté. "Je vous demande de ne pas avoir peur, et de protester, parce que ce n'est pas de la justice, ça n'est pas de la police", a-t-il martelé.

Rassemblement devant le siège de La France insoumise

Devant le siège de LFI à Paris, devant lequel il avait rameuté ses supporters, M. Mélenchon a ensuite attaqué le président Emmanuel Macron, "un petit personnage", et la ministre de la Justice Nicole Belloubet. "Ce que vous êtes en train de faire est une honte", a-t-il lancé en regardent directement dans l'objectif de l'une des nombreuses caméras de télévision présentes. "C'est un coup de force contre nous parce que c'est destiné à nous faire peur et à m'intimider pour ce qui me concerne, c'est un échec total. C'est eux qui vont avoir peur du retour de bâton", a-t-il enchaîné.



À ses côtés, le député Alexis Corbière, porte-parole de LFI, a dénoncé une "agression politique intolérable". "S'il y a des comptes de campagne qui doivent être observés ce sont ceux de M. Macron", a-t-il dit.

Marine Le Pen à la rescousse

Au même moment, la présidente du Rassemblement national (RN, ex FN), Marine Le Pen, a volé à la rescousse de M. Mélenchon sur Twitter. Mise en examen dans une affaire similaire d'emplois fictifs au Parlement européen comme plusieurs autres élus RN, elle a estimé que "le but exclusif de ces 'enquêtes'" était que "les droits politiques de l'opposition (soient) lourdement bafoués".



"Il y a toujours deux poids deux mesures", a déploré sur BFMTV le député RN Sébastien Chenu en faisant remarquer qu'il n'y avait "pas de poursuite aujourd'hui engagée" à cet égard contre le MoDem, dont trois représentants sont au gouvernement.

Le président du Modem François Bayrou avait démissionné le 21 juin 2017 de son poste de ministre de la Justice après l'ouverture d'une enquête sur des emplois fictifs présumés au Parlement européen.

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