VIDÉO. Pauvreté : le plan de Macron pour "ne pas oublier les derniers de cordée"

VIDÉO. Pauvreté : le plan de Macron pour "ne pas oublier les derniers de cordée"
Emmanuel Macron le 13 septembre 2018 au Musée de l'Homme.

, publié le jeudi 13 septembre 2018 à 13h30

Le chef de l'État a dévoilé jeudi 13 septembre un plan très attendu de lutte contre la pauvreté, d'un montant de huit milliards d'euros sur quatre ans, espérant lancer ainsi une nouvelle phase du quinquennat davantage axée sur le social.

En présentant sa "stratégie" de lutte contre la pauvreté jeudi matin 13 septembre, Emmanuel Macron a été très clair : "Ce n'est pas un 'plan charité' car il ne s'agit pas de permettre de vivre un tout petit peu mieux dans la pauvreté, il s'agit de sortir de la pauvreté". Son objectif : éviter que cette pauvreté "se transmette de génération en génération", a martelé le chef de l'État lors d'un discours de plus d'une heure au Musée de l'Homme.

La France comptait en 2016 quelque 8,8 millions de personnes pauvres, soit 14% de la population, selon l'Insee.

Ce taux monte à 19,8% pour les moins de 18 ans. Sont considérés comme pauvres celles et ceux qui perçoivent moins de 1.026 euros par mois (pour une personne seule), c'est-à-dire moins de 60% du revenu médian de la population.

Briser l'image de "président des riches"

"Nous nous sommes trop souvent habitués" au "scandale de la pauvreté", a déploré Emmanuel Macron, appelant à "lancer un combat neuf, indispensable, vital pour notre pays, celui de décider résolument de ne plus oublier personne". En présentant lui-même la "stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté", le chef de l'État cherchait à briser l'image de "président des riches" que lui colle l'opposition et qui a contribué à sa forte baisse dans les sondages.

Au début de son discours, il a ainsi repris sa formule sur les "premiers de cordée" qu'il avait utilisée à l'automne 2017 et qui lui avait valu une volée de bois vert. "Personne n'est premier de cordée si le reste de la société ne suit pas", a-t-il souligné, en appelant "les premiers de cordée à ne pas oublier les derniers de cordée". "Refuser la fatalité sociale, c'est lutter contre ce déterminisme qui, dès l'enfance, détruit des trajectoires de vie (...). Il y a dans chaque enfant, à commencer par un enfant qui naît dans une famille pauvre, un Mozart qu'on assassine parce qu'on décide de fait qu'il n'a aucune chance de devenir Mozart", a ajouté le président de la République.



8 milliards d'euros contre la pauvreté

Le montant de la "stratégie nationale" s'élèvera à huit milliards d'euros répartis sur quatre ans, jusqu'à la fin du quinquennat, et ses mesures sont déjà "entièrement financées", selon l'Élysée. Voici les mesures annoncées jeudi matin.

• Un pilier "insertion"

► Emmanuel Macron a notamment annoncé "une loi en 2020" pour créer "un revenu universel d'activité qui fusionne le plus grand nombre possible de prestations et dont l'État sera entièrement responsable", précisant que ce revenu serait soumis à "des droits et des devoirs supplémentaires". En contrepartie d'un "droit à être aidé et accompagné (...), nous veillerons à ce que les devoirs soient respectés" par les bénéficiaires. "Je n'ai jamais cru à un revenu universel sans condition", a-t-il ajouté en allusion à la mesure phare portée par le candidat socialiste à la présidentielle Benoît Hamon.

Cela ne recèle "aucune intention cachée de remettre en cause certains droits", notamment "les aides monétaires (qui) augmenteront encore", a affirmé par la suite la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn.



► Estimant que le "maquis des minima sociaux" actuels "n'est pas compatible avec un système fondé sur l'accompagnement et la reprise d'activité", il souhaite par ailleurs créer "un service public de l'insertion".

Cela impliquera que l'État s'engage aux côtés des "départements, des métropoles" pour mieux accompagner les personnes les plus éloignées de l'emploi, notamment bénéficiaires du RSA. "C'est le seul moyen de garantir l'universalité des droits", alors que le système est "aujourd'hui trop éclaté", "inégal territorialement", a détaillé le chef de l'État, souhaitant qu'à partir du 1er janvier "chaque personne" qui s'inscrit au revenu de solidarité active (RSA) "puisse avoir un rendez-vous dans le mois", dans "un lieu unique", pour bénéficier d'un accompagnement.

• Un pilier "prévention de la précarité"

Emmanuel Macron a également présenté un autre ensemble de mesures, destinées à prévenir la pauvreté dès le plus jeune âge.

► Le chef de l'État veut développer l'accès à des modes de garde pour les tout-petits issus de familles défavorisées, notamment grâce à des aides "versées immédiatement, sans avance de frais", dès 2019. En outre, le nombre de crèches à vocation d'insertion professionnelle (qui permettent de faire garder son enfant pendant une formation, une recherche d'emploi) devrait passer "de 40 à 300 d'ici à 2020".

► Emmanuel Macron souhaite par ailleurs un "accès universel" à la cantine pour les enfants les plus défavorisés "en développant les repas à un euro" et des petits-déjeuners proposés dans les écoles prioritaires "afin de s'assurer que tous les enfants commencent la journée dans les mêmes conditions".

► Pour les jeunes suivis par l'Aide sociale à l'enfance (ASE), il a dit vouloir "créer une obligation", en "contractualisant" avec les départements, pour trouver un logement, une formation, un emploi, aux jeunes qui n'ont "pas de solution" à leur sortie du dispositif à 18 ans.

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