VIDÉO. Nucléaire : "Beaucoup savaient que l'objectif n'était pas atteignable", assure Hulot

VIDÉO. Nucléaire : "Beaucoup savaient que l'objectif n'était pas atteignable", assure Hulot
Nicolas Hulot le 16 septembre 2017 à Montréal, au Canada.
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Orange avec AFP, publié le mercredi 08 novembre 2017 à 10h14

ENVIRONNEMENT. Le ministre de la Transition écologique a qualifié mercredi de "totem" l'objectif de réduction de la part du nucléaire dans la production d'électricité à 50% en 2025.

Mardi 7 novembre, Nicolas Hulot a annoncé que la France ne pourrait vraisemblablement pas tenir l'objectif de ramener la part du nucléaire dans la production d'électricité à 50% en 2025, contenu dans la loi de transition énergétique adoptée en 2015, provoquant un tollé de critiques.

Invité de BFMTV/RMC mercredi 8 novembre, le ministre de la Transition écologie s'est justifié.

"Si on veut réussir cet objectif, il faudrait fermer entre 17 et 25 réacteurs d'ici 2025, a-t-il précisé. Impossible sauf si on ne tient pas compte des conséquences sociales, impossible à renier tous nos engagements climatiques, impossible sauf à ne pas fermer les centrales à charbon et rouvrir les centrales thermiques". "C'est important de se fixer des objectifs ambitieux mais si on ne veut pas perdre en crédibilité sur l'ensemble de notre stratégie énergétique : il faut regarder la faisabilité, planifier les choses", a-t-il ajouté.

Les responsables qui ont fait voter la loi à l'époque savaient-t-ils que l'objectif n'était pas tenable ? "Je ne peux pas le confirmer mais je pense que beaucoup le savaient", a estimé Nicolas Hulot. "Tous les interlocuteurs que j'ai, dans mes services, à l'Ademe (Agence pour la maîtrise de l'énergie), chez RTE (gestionnaire du réseau électrique), (des) spécialistes de l'énergie, savaient" que ce ne serait pas possible "sauf dans une brutalité excessive", a-t-il insisté.



"On s'était fixé un totem, mais on ne s'est pas mis en situation d'y parvenir", a-t-il ajouté, jugeant que la réduction de 75% à 50% de la part de l'électricité d'origine nucléaire, inscrite dans la loi de 2015 sur la transition énergétique, était "impossible, sauf (...) à renier tous nos engagements climatiques".

L'ÉCHÉANCE REPORTÉE À 2030/2035

"On aura à fermer des réacteurs, l'objectif de 50% sera maintenu, il sera réalisé, probablement décalé dans le temps", a-t-il indiqué, estimant que "très probablement il faudra reporter (l'échéance) à 2030 (...) au plus tard à 2035". "J'ai un an pour regarder tous ces scénarios", a indiqué le ministre, qui "va travailler avec l'ensemble des acteurs, les syndicats, les élus, les ONG".

"Dans un an, nous aurons une visibilité très claire du nombre de réacteurs que nous allons avoir à fermer", a-t-il poursuivi. La centrale alsacienne de Fessenheim "sera fermée dans le quinquennat" et "on va en profiter pour en faire un cas d'école", a-t-il affirmé. Par ailleurs,"il faut qu'on ferme les centrales à charbon en 2022", a souligné Nicolas Hulot, assurant que le gouvernement "va maintenir" cet objectif.

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