VIDÉO. François Hollande se félicite d'avoir présidé "humainement"

VIDÉO. François Hollande se félicite d'avoir présidé "humainement"
François Hollande, le 28 novembre 2017 à Paris.
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Orange avec AFP, publié le vendredi 08 juin 2018 à 12h00

L'ancien président de la République a défendu pendant plus de deux heures jeudi soir à la Maison de la Chimie son bilan. Il a évoqué deux regrets : le débat sur la déchéance de nationalité et la menace du 49.3 sur la loi Travail.

On est jamais mieux servi que par soi-même.

Alors que son livre bilan Les leçons du pouvoir cartonne en librairies, François Hollande a dressé "l'inventaire" de son propre quinquennat durant plus de deux heures jeudi soir 7 juin à la Maison de la Chimie (Paris VIIe).

Peu de ténors de PS avaient fait le déplacement. Le premier secrétaire Olivier Faure était absent, voulant par là marquer une distance entre "la part de vérité" de l'ancien chef de l'État et l'inventaire que dressera de son côté le Parti socialiste. Le sénateur Rachid Temal, membre de la direction du parti, était en revanche présent. "Rehausser le bilan de François Hollande c'est faciliter l'avenir des socialistes", avait-il tweeté jeudi matin.



"Si je revendique avec fierté ce que j'ai fait, même si je reconnais aussi des erreurs, la fierté la plus grande, c'est quand on me dit que j'ai présidé humainement", a de son côté déclaré l'ancien président de la République, s'exprimant devant environ 450 personnes à l'invitation de la Fondation Jean-Jaurès. Car "le plus difficile dans l'exercice de la fonction présidentielle, c'est de ne pas s'isoler ou s'éloigner et de se mettre tellement haut que plus personne ne vous voit", a-t-il poursuivi.

Allusion au pouvoir "jupitérien" d'Emmanuel Macron ? M. Hollande ne s'est pas montré plus explicite, évoquant d'ailleurs à peine, au cours de ces deux heures, la politique de son successeur, qu'il a beaucoup critiqué dans ses récentes interviews. Tout au plus a-t-il souligné que la loi El Khomri avait été "détricotée", "parce que pour qu'il y ait négociation dans les entreprises, il faut qu'il y ait des syndicats"; et fustigé la "facilité qui a été de s'en prendre au système".

"Qu'est-ce c'est que le système, si ce n'est des partis politiques, un Parlement, des élus, des syndicats, des corps intermédiaires, et le suffrage universel pour les porter ?", s'est-il demandé, quelques minutes après avoir parlé de M. Macron comme d'un "candidat venu de nulle part". "Les nouveaux partis ne peuvent pas être seulement des partis internet !", a-t-il lancé un peu plus tard.



Deux regrets

François Hollande a également adressé une petite pique à son prédécesseur, Nicolas Sarkozy. "Je sais parfaitement que nous aurions à mettre de l'ordre dans les comptes publics (en arrivant au pouvoir). Ai-je besoin de dire qu'ils étaient dégradés ? Bah si, je vais le dire : ils étaient dégradés", a dénoncé l'ancien locataire de l'Élysée, dont la Cour des comptes a étrillé à plusieurs reprises le bilan.

L'ancien locataire de l'Élysée a évoqué deux regrets à propos de son quinquennat : la menace du 49.3 sur la loi Travail et le débat sur la déchéance de la nationalité. La conclusion qu'il en a tiré est "qu'il ne faut jamais toucher les lois de nationalité".



Les frondeurs épinglés

Égrenant les crises qui ont émaillé son quinquennat, l'ancien chef de l'État a affirmé que ce qui avait été "le plus difficile" à affronter, "le plus insupportable même", n'avait été ni la crise économique, ni le terrorisme ou les crises internationales, mais "les comportements humains, le manque d'esprit de solidarité (...) l'individualisme des comportements".

Interrogé sur les frondeurs, l'ancien chef de l'État s'est montré plus direct. "J'ai pensé qu'il y aurait un principe de responsabilité qui finirait par les saisir. Alors qu'en fait c'est un principe d'irresponsabilité qui n'a cessé de les tourmenter", a-t-il tancé. Il a toutefois reconnu une part de responsabilité dans la division de sa majorité, la faisant remonter à 2005 et au maintien dans le parti de ceux qui avaient défendu le "non" au référendum sur la constitution européenne, malgré la position en faveur du "oui" du parti.

Mélenchon souhaite "la disparition de la gauche du gouvernement"

"L'avenir d'un parti, c'est sa clarté et sa cohérence et son unité. Mas pas une unité où on rassemble tout le monde pour ne rien penser, pour ne rien dire. Une unité où c'est l'ensemble qui sait où il va et où il saura être cohérent", a-t-il souligné, comme pour dispenser un conseil au premier secrétaire actuel, Olivier Faure.

M. Hollande a aussi battu en brèche le souhait de l'aile gauche du parti de se rapprocher de Jean-Luc Mélenchon, "qui ne veut pas l'union" de la gauche mais la "disparition de la gauche de gouvernement". "Il est rare que la boule aille vers son destin qui est qu'on lui coupe la tête", a-t-il ironisé.

Interrogé par Gilles Finchelstein, directeur général de la Fondation, Daniel Cohen, président de son Conseil d'orientation scientifique, Anne Muxel, directrice de recherches en science politique au Centre de recherches politiques de Sciences-Po (Cevipof), François Hollande s'est efforcé de tracer des perspectives en défendant un "socialisme de l'individu", où les droits individuels sont garantis collectivement.

La "lutte contre les inégalités", l'écologie, la place des territoires, la "construction d'un pacte national", c'est "sur ces bases-là qu'il peut y avoir un retour de la social-démocratie", a-t-il estimé.

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