VIDÉO. Démission de Collomb : que s'est-il vraiment passé ?

VIDÉO. Démission de Collomb : que s'est-il vraiment passé ?
Gérard Collomb lors de la passation avec Édouard Philippe le 3 octobre 2018.
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, publié le mercredi 03 octobre 2018 à 13h30

DÉCRYPTAGE. Affaire Benalla, tensions avec Édouard Philippe, le conseil de sa femme Caroline...

Plusieurs médias retracent ce mercredi 3 octobre les dessous de la démission fracassante du ministre de l'Intérieur.

Au lendemain d'un premier refus, Emmanuel Macron a fini par accepter mardi soir 2 octobre la démission du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, qui veut reprendre la mairie de Lyon. Une décision qui a mis un terme à plusieurs mois de défiance entre les deux hommes, rapportent ce mercredi 3 octobre plusieurs médias.

"Tout commence au printemps dernier", explique au micro d'Europe 1 le journaliste politique Jean-Michel Apathie. Le Premier ministre Édouard Philippe et le secrétaire général de l'Élysée Alexis Kohler réclament la tête du ministre de l'Intérieur sous prétexte qu'il "ne tient pas la boutique, n'est pas à la hauteur du travail demandé et ne protège pas le chef de l'État".



Des tensions entre Philippe et Collomb

Selon Le Monde, le chef du gouvernement "s'agace de ce ministre qui passe par-dessus sa tête". "Parfois, dans les dîners de la majorité, des participants voient le chef du gouvernement lever les yeux au ciel quand le patron de l'intérieur prend la parole", relate le quotidien du soir.

Gérard Collomb n'ignore rien de la lutte qu'Édouard Philippe mène contre lui, selon Europe 1. Quelques mois auparavant, lorsque Le Parisien a révélé que le ministre était surnommé "son altesse sénilissime", il a d'ailleurs aussitôt soupçonné Matignon d'être à l'origine de cette "vacherie", rapporte de son côté Le Monde.

L'affaire Benalla, point de départ de la rupture

Malgré les appels de son Premier ministre, le chef de l'État résiste "par amitié pour Gérard Collomb". L'ancien maire PS de Lyon est en effet l'un des premiers à l'avoir soutenu. "Depuis qu'il est ministre de l'intérieur, Gérard Collomb se pique d'être le bouclier du président, son conseiller privilégié. Mais aussi une sorte de directeur de conscience, l'homme capable de dire les choses lorsque le président est menacé par ce qui guette tous les pouvoirs : l'enfermement, la flatterie, l'aveuglement et les phénomènes de cour", explique par ailleurs Le Monde.

L'affaire Benalla change la donne. Alors que tout le monde est persuadé que les révélations du Monde sur la présence du collaborateur d'Emmanuel Macron le 1er mai aux côté des policiers vient de ces derniers, Édouard Philippe et Alexis Kohler estiment que Gérard Collomb "ne tient pas ses troupes", selon Europe 1.

Vient ensuite le témoignage du ministre devant la Commission d'enquête de l'Assemblée nationale. Ce dernier assure alors qu'il n'a jamais eu conaissance de cette affaire et qu'il ne connaissait pas Alexandre Benalla. Il apprécie peu "d'être mis en première ligne sur une affaire qu'il juge ne pas le concerner", a expliqué son entourage à l'AFP. Cette attitude déplaît fortement à Emmanuel Macron. "Désormais, le chef de l'État ne cache plus à ses interlocuteurs - et parfois devant une poignée de journalistes triés sur le volet - sa déception, voire sa colère", écrit Le Monde. Édouard Philippe de son côté insiste : il faut écarter Gérard Collomb, explique Europe 1.

Sa femme le presse à partir

Ensuite tout s'enchaîne. Le 6 septembre, sur BFMTV, le ministre explique que "l'exécutif a manqué d'humilité", fâchant au passage Emmanuel Macron. Puis, le 18 septembre, il annonce dans une interview à L'Express qu'il démissionnera après les élections européennes de mai 2019 pour se présenter à l'élection municipale à Lyon. "Depuis, Gérard Collomb est chaque jour un peu plus déprimé place Beauvau", selon Europe 1.

C'est sa femme qui va le pousser à partir. "On a compris qu'il y avait eu quelque chose ce week-end de l'ordre de l'intime", confie au Parisien l'un de ses soutiens. "Sa femme Caroline lui a dit : Tu ne peux pas rester", explique un autre. Une version également avancée par Europe 1. "Gérard est triplement sous pression : extrêmement fatigué, dépressif et poussé par sa femme à partir. Il est en mode : 'J'envoie tout balader'. Il est à bout", confie un macroniste de haut rang au Parisien. Par ailleurs, il s'inquiète de la situation à Lyon - un "puputsch" couvait", selon un conseiller du pouvoir. Il est rentré "traumatisé d'un meeting samedi dans sa ville", explique un cadre de La République en marche.

Lundi soir 1er octobre, il présente ainsi sa démission à Emmanuel Macron, qui la refuse. Mais à son retour place Beauvau, son épouse insiste : il doit partir. Mardi, il affirme dans les colonnes du Figaro "maintenir" sa proposition de démission, que le chef de l'État finit par accepter, assurant qu'il lui "conserve son amitié".

"Avant, ils faisaient les choses en concertation. Mais là, ils ne sont même pas arrivés à mettre au point une présentation qui permette à tout le monde de sauver la face...", constate néanmoins un proche de Gérard Collomb auprès du Parisien

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