VIDÉO. Congrès des maires de France : Macron hué et sifflé à son arrivée

VIDÉO. Congrès des maires de France : Macron hué et sifflé à son arrivée
Emmanuel Macron et François Baroin, maire de Troyes et président de l'Association des maires de France (AMF), au Congrès des maires le 23 novembre 2017.

Orange avec AFP, publié le jeudi 23 novembre 2017 à 17h58

POLITIQUE. Le président de la République a été hué et sifflé pendant une vingtaine de secondes lors de son arrivée au Congrès des maires de France à Paris, d'autres applaudissant le chef de l'État, avant un discours très attendu.

Emmanuel Macron a présenté jeudi 23 novembre ses projets pour les collectivités territoriales, notamment sur la compensation de l'exonération de la taxe d'habitation, devant quelque 15.000 maires réunis en congrès porte de Versailles à Paris, qui étaient sceptiques sur ce qu'il pouvait leur annoncer pour rétablir la confiance entre l'État et les collectivités.



Tellement sceptiques que certains lui ont réservé un accueil particulièrement hostile. Le chef de l'État a en effet été hué et sifflé pendant une vingtaine de secondes lors de son arrivée, ont constaté plusieurs journalistes qui ont partagé des vidéos sur Twitter.





DES "CONTRATS LÉONINS"

Le vice-président de l'Association des maires de France, André Laignel (PS), lui a auparavant adressé de nombreuses critiques dans un discours très applaudi.



Il lui a notamment reproché "une avalanche de décisions défavorables aux collectivités locales prises depuis l'été", "sans concertation". Pour lui, "l'autonomie fiscale n'existera plus" avec "des contrats léonins imposés pour contrôler a priori nos budgets", une "réduction imposée du nombre de fonctionnaires" locaux ou encore "la suppression brutale d'emplois aidés". "Tout ceci est inacceptable et j'espère que le président de la République reviendra sur ses dispositions", a-t-il dit. Les maires sont "sacrifiés" et "la décentralisation est en danger", a conclu M. Laignel sous une ovation.

François Baroin, réélu président de l'AMF (Association des maires de France), a également dénoncé des contrats "léonins", "obligatoires et assortis de sanctions" pour l'encadrement des dépenses des collectivités locales.

Le gouvernement veut en effet que quelques centaines de plus grandes collectivités signent avec l'État des "contrats" pour limiter la hausse de leurs dépenses de fonctionnement à 1,2% par an sur 5 ans, assortis de sanctions financières si la limite est dépassée. Les collectivités qui ne signeraient pas ces "contrats" auraient les mêmes sanctions, a rappelé le maire de Troyes (Aube). "Sans liberté, ce ne sont pas des contrats", a-t-il insisté. Avec cette hausse, la réduction des dépenses des collectivités sur 5 ans "sera proche de 20 à 21 milliards d'euros" plutôt que les 13 milliards annoncés par le gouvernement a-t-il ajouté.

"Cher Emmanuel", lui a lancé M. Baroin, "vous avez dit la confiance c'est l'autre, mais l'autre c'est nous et on a encore un peu de travail à faire", a-t-il dit.

"VOUS POUVEZ ÊTRE EN DÉSACCORD"

Emmanuel Macron a ensuite démarré son discours en déclarant sans appel : "Ce que je vais vous dire a vocation (...) pas toujours à vous contenter, parfois à répondre à une inquiétude que j'estime légitime mais a vocation en tout cas à être appliqué".

Il également été sifflé par son rappel de la suppression prévue de la taxe d'habitation pour 80% des ménages, un des principaux impôts locaux. "Vous pouvez être en désaccord. J'ai fait campagne (...) et les sifflets ne m'ont jamais beaucoup étourdi. J'ai toujours demandé dans mes meetings aux gens de pas siffler. C'était des militants. Je peux demander la même chose aux maires", a-t-il lancé.



Il a ensuite annoncé : "J'ai besoin de vous parce que le pays ne réussira que parce que partout sur les territoires il y a les engagés que vous êtes". "Les mesures prises durant l'été concernant les collectivités n'ont pas été dûment concertées", a-t-il reconnu, une allusion notamment à la baisse des emplois aidés. "Je veux que maintenant elles le soient pleinement", a-t-il ajouté.

Il a enfin souligné qu'il n'avait "pas peur d'affronter une grogne lorsque l'action publique l'exige" et fait appel à la responsabilité des maires sur la maîtrise des dépenses, "parce que nous avons cette dépense publique en partage". "Notre pays aime la finance magique où on peut laisser les impôts sans que la dépense publique ne baisse", a-t-il fait valoir, ajoutant que "tous ceux qui râlent contre la fin de la taxe d'habitation sont ceux qui voulaient avant sa suppression".

Le service de gestion de commentaires évolue.

A compter du 29 mars, le Journal de Réactions et la publication de commentaires seront temporairement fermés.

Les discussions autour des sujets qui vous tiennent à cœur resteront prochainement possibles au travers d’un tout nouveau service vous permettant de réagir.

 
366 commentaires - VIDÉO. Congrès des maires de France : Macron hué et sifflé à son arrivée
  • réduire le nombre de maires et avoir une certaine vigilance sur leur salaires et avantages qui sont payés avec nos impôts ...

  • Malgré 5 refus, je maintiens que :

    Ce congrès des grands électeurs du Sénat (son dernier rempart) n'était pas mobilisé pour faire une haie d'honneur à celui qui va réduire leur nombre et leurs prérogatives... Et la grogne ne vient que de cela!

  • MACRON hué et sifflé à son arrivée, et très applaudie à son départ, c'est plus juste non ?

  • Je pense que monsieur Laignel n'a pas du intimider beaucoup Macron ... même en le regardant dans les yeux !
    Pour ma part je pense qu'il n'est pas inutile d'encadrer les dépenses des collectivités locales qui parfois font des réalisations surprenantes avec l'argent public ( l'exemple d'aerien ) ci dessous est loin d'être unique !
    Un peu d'ordre dans tout ça ne gênerait pas il me semble !
    Maintenant quoi penser du comportement de ces " responsables " qui sifflent et qui huent le président ? juste que c'est lamentable de leur part !

  • le probleme des maires à ce jour , c'est qu'ils n'ont jamais voulu prendre en compte le dépit de leurs administrés devant des dépenses , qu'on dit collectives pour les justifiées , mais qui n’intéressent personne en terme de résultats ou de service à la population , sauf le maire lui même pour sa réélection ! La population est fatiguée de se faire étriquer ! Payer un mur d'escalade les yeux de la tête pour 20 pèlerins , je dis stop ! Trop cher ! Tout est de ce genre ! Alors à force de jouer ce jeux là , il n'y a plus de limite dans le raisonnable ! Le théâtre le plus grand ,le stade le plus grand , l'image la plus forte , etc! Et la dedans il est où celui qui paye ? dans la rue ou sous les ponts !