VIDÉO. "C'est un crève-cœur" : en larmes, Alain Juppé quitte Bordeaux

VIDÉO. "C'est un crève-cœur" : en larmes, Alain Juppé quitte Bordeaux
Alain Juppé, le 14 février 2019 à Bordeaux.

Orange avec AFP-Services, publié le jeudi 14 février 2019 à 11h40

Nommé au Conseil constitutionnel, Alain Juppé a donné ce jeudi matin une conférence de presse pour confirmer son départ de la mairie de Bordeaux. "C'est un arrachement de me séparer de qui j'ai tant aimé", a confié l'édile, tout en expliquant que "l'envie" l'avait quitté. 

À la surprise générale, Alain Juppé va rejoindre le Conseil constitutionnel.

Son nom a été proposé mercredi 13 février par le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand. Dans la foulée, l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac a fait part de sa "profonde émotion" de quitter ses fonctions de maire de Bordeaux. Une émotion visible jeudi, lors de sa conférence de presse.

"Comme vous le savez, j'ai accepté la proposition de Richard Ferrand", a déclaré Alain Juppé, les larmes aux yeux, remerciant ainsi le président de l'Assemblée nationale. "Mon entrée en fonction devrait se faire début mars", a-t-il annoncé, qualifiant le fait de quitter Bordeaux de "crève-cœur". "Je ne m'attendais nullement à cette proposition, et j'ai dû me décider en 24 heures", a-t-il précisé. Et pour cause : depuis plusieurs semaines, c'est le premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, qui semblait tenir la corde pour devenir "sage" au sein de la juridiction suprême.



L'ancien chef du gouvernement a justifié son choix. "J'ai pris la décision de ne pas me représenter (aux municipales) en mars 2020, (...) j'avais prévu de l'annoncer après les européennes", a-t-il déclaré, affirmant avoir voulu éviter "le mandat de trop". Alain Juppé était à la tête de la ville depuis 1995. 

"L'envie me quitte tant le contexte change" dans la vie politique, a-t-il expliqué. "L'esprit public est devenu délétère", a-t-il poursuivi, déplorant la montée de la violence sous toutes ses formes", et "un climat général infecté par les mensonges et les haines que véhiculent les réseaux sociaux".

"C'est un arrachement"



"Avec Bordeaux et son peuple, nous sommes en quelque sorte un vieux couple. C'est un arrachement de me séparer de qui j'ai tant aimé, à qui j'ai tant donné et qui m'a tant donné en retour", a-t-il déclaré, des sanglots dans la voix et sous les applaudissements de la salle. Alain Juppé, 73 ans, a assuré qu'il voulait laisser la "place à la relève". Il a néanmoins refusé de "désigner un dauphin". "Nous ne sommes pas en monarchie", a-t-il ajouté. 

 

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