VIDÉO. Benoît Hamon juge qu'Emmanuel Macron est "un président immature"

VIDÉO. Benoît Hamon juge qu'Emmanuel Macron est "un président immature"
Benoît Hamon le 24 août 2017 à Dunkerque.

Orange avec AFP, publié le lundi 11 septembre 2017 à 10h33

POLITIQUE. Alors que le président a affirmé qu'il ne "céderait rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes", l'ancien candidat socialiste à la présidentielle estime au contraire que c'est sa politique qui est "cynique".

C'est une petite phrase qui a fait couler beaucoup d'encre.

Alors qu'il se trouvait à Athènes vendredi 8 septembre, Emmanuel Macron a déclaré "assumer" ses propos polémiques tenus fin août sur la France qui "n'est pas un pays qui se réforme" et promis d'être "d'une détermination absolue". "Et je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes", a conclu le président français.

Le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, a affirmé dimanche que le terme "fainéant" visait "la posture de la fainéantise" de "ceux qui n'ont pas eu le courage de faire les réformes nécessaires". "Il a parlé des trente dernières années: François Hollande, Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac ont su réformer sur certains sujets, mais n'ont jamais été assez loin parce qu'il fallait un courage, il fallait prendre un risque", a ajouté le porte-parole.

MACRON EST "SYMPATHIQUE, JEUNE ET SURTOUT IMMATURE"

"Peu importe" qui cela visait selon Benoît Hamon. "Un président de la République ne dit pas cela", s'est insurgé lundi matin 11 septembre sur BFMTV l'ancien candidat socialiste à la présidentielle. "On est pas né avec Emmanuel Macron dans ce pays, ça commence à devenir un peu pénible. Il est sympathique, jeune et surtout immature. Je vous le dis, c'est un président immature. On ne parle pas comme cela". La veille, il avait déjà dénoncé des "propos d'un mépris incroyable", "pas tellement dignes d'un président de la République".

"C'est immature de passer son temps à consteller l'exercice du pouvoir de symboles puisés dans l'antiquité , Jupiter, ou dans l'Ancien régime, Versailles. Ce sont des symboles de pouvoir personnel, autoritaire", a condamné le fondateur du Mouvement du 1er Juillet.



S'il salue le discours du chef de l'État à Athènes sur la démocratie et l'Europe, il souligne en revanche qu'il n'accepte pas la contradiction démocratique. "Quand on n'est pas capable d'entendre un minimum que dans une démocratie des opinions contraires s'expriment et que si elles s'expriment, pardon monsieur Macron, et qu'elles ne sont pas d'accord avec vous, ça n'est pas seulement le fait d'extrémistes, de fainéants et de cyniques."

Outre la forme, Benoît a également critiqué le fond. Selon lui, "ce qui est cynique, c'est d'enrichir les riches en baissant l'impôt sur la fortune et de demander aux retraités de voir baisser leur revenu à cause de la hausse de la CSG". "Ce qui est cynique, c'est de dire 'je suis contre le réchauffement de la planète, mais pour faire plaisir à mes amis banquiers, je supprime la taxe sur les transactions financières'", a-t-il encore dénoncé, avant de conclure : "On reproche aux autres ses propres turpitudes. Eh bien, peut-être qu'il était dans l'autoportrait."

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