VIDÉO. Aubry à propos de Pénicaud : "On dit que je l'ai formée, moi je la trouve très déformée"

VIDÉO. Aubry à propos de Pénicaud : "On dit que je l'ai formée, moi je la trouve très déformée"
Martine Aubry le 3 mars 2017 à Lille.

Orange avec AFP, publié le mercredi 06 septembre 2017 à 10h41

RÉFORME DU CODE DU TRAVAIL. Invitée de France Inter, la maire socialiste de Lille s'est attaquée à la ministre du Travail, qui était sa conseillère formation lorsqu'elle était elle-même à la tête de ce ministère.

Martine Aubry n'apprécie pas la politique du gouvernement et ne se prive pas de le faire savoir.

Invitée de France Inter mercredi 5 septembre, la maire PS de Lille a notamment estimé que le président Emmanuel Macron et son gouvernement avaient pris "un mauvais départ", les accusant notamment d'organiser "la généralisation des emplois précaires" à travers la révision du Code du travail.

Selon elle, "aucune des priorités de la France aujourd'hui (....) n'est traitée" : "l'emploi, quand on commence à supprimer les emplois aidés, le pouvoir d'achat, quand on baisse l'APL et qu'on taxe les retraités avec la CSG, la croissance (...), la préparation de l'avenir, l'université et la recherche". Avec la réforme du Code du travail, "on reprend les vieilles recettes des années 80, du Medef". "Croire que c'est en précarisant les salariés, en les licenciant plus facilement, en contournant les syndicats, en accroissant le pouvoir unilatéral du chef d'entreprise, qu'on rendra les entreprises plus compétitives, c'est vraiment une vision du passé", a-telle encore dénoncé.

"TOUT LE MONDE PEUT CHANGER"

L'ex-numéro 1 du PS s'est également attaquée à la ministre du Travail Muriel Pénicaud, qui était sa conseillère formation lorsqu'elle était elle-même à la tête de ce ministère, entre 1991 et 1993. "Le fait que la réforme du Code du travail soit préparée, pensée, portée par Muriel Pénicaud, qui a travaillé avec vous, qui a fait partie de votre cabinet, ça ne vous rassure pas un peu?", l'a interrogé Léa Salamé. "Pas du tout, a immédiatement rétorqué l'élue socialiste. C'était il y a 25 ans. Tout le monde peut changer. On me dit que je l'ai formée, moi je la trouve bien déformée... Ce n'est pas méchant, c'est réel".



"Quand elle dit 'Les contrats aidés ne servent à rien', alors que nous avons ensemble créé les CEC (Contrats d'emploi consolidé, ndlr)... (...) C'est triste d'entendre quelqu'un dont je connais les convictions dire quelque quelque chose qu'elle ne peut pas partager", a-t-elle encore asséné.

"LFI EST UNE CONTESTATION, ET PAS LA VOLONTÉ D'ALLER GOUVERNER"

Profondément opposée aux ordonnances relatives à cette réforme, Martine Aubry évoque la possibilité de descendre dans la rue le 12 septembre à l'appel de la CGT, même si elle "regrette profondément qu'il n'y ait pas d'unité syndicale". Force ouvrière et CFDT ne seront en effet pas de la partie.

En revanche, elle ne participera pas à la mobilisation du 23 septembre organisée par La France Insoumise. "LFI est une contestation et pas la volonté d'aller gouverner", a-t-elle critiqué. "Et il y a surtout ne pas vouloir réunir la gauche, vouloir être les seuls". Mélenchon? "Il a du talent, un certain charisme, mais moi je ne fais pas de la politique pour me mettre en avant", a lancé la maire de Lille.

Vous êtes responsable des propos que vous publiez.
Merci de respecter nos CGU