VIDÉO. Affaires Darmanin et Hulot : Laurence Rossignol "choquée" du soutien du gouvernement

VIDÉO. Affaires Darmanin et Hulot : Laurence Rossignol "choquée" du soutien du gouvernement
L'ancienne ministre des Familles, de l'enfance et des droits des femmes Laurence Rossignol le 16 juillet 2016 à l'Élysée.

Orange avec AFP, publié le lundi 12 février 2018 à 15h15

En soutenant publiquement les deux ministres accusés d'agressions sexuelles, l'ancienne ministre des Droits des femmes estime que "le choix qui est fait par la majorité parlementaire c'est de dire que la victime ment".

Après le ministre de Gérald Darmanin, Nicolas Hulot est à son tour l'objet d'une affaire d'agressions sexuelles.

Le ministre de l'Action et des Comptes publics est visé par une enquête sur une accusation de viol pour des faits présumés datant de 2009, ce qu'il conteste catégoriquement, tandis que son collègue de la Transition écologique s'est défendu la semaine dernière de rumeurs "ignominieuses" de harcèlement et de violences sexuels le visant, dévoilé par le magazine Ebdo.

Dans les deux cas, le gouvernement a renouvelé sa confiance aux ministres, dont aucun n'est mis en examen. Certains sont même allés plus loin, la ministre de la Santé Agnès Buzyn s'interrogeant sur les réelles motivations du fondateur de l'hebdomadaire, et la secrétaire d'État Marlène Schiappa publiant le 11 février une tribune dans Le Journal du Dimanche fustigeant un "article irresponsable".

Invitée de Franceinfo lundi matin 12 février, Laurence Rossignol a reproché "au pouvoir" son "imprudence" dans la gestion de ces deux affaires. "Je suis très choquée, très inquiète que dans les deux cas, le choix qui est fait par le gouvernement et par la majorité parlementaire, c'est de dire 'la victime ment'", a déclaré l'ex-ministre des Droits des femmes sous François Hollande.



"C'est tout ce contre quoi on se bat depuis que l'affaire Weinstein nous a permis de libérer la parole des femmes et d'angler notre réflexion sur la manière dont la parole des femmes est écoutée et entendue", a poursuivi la sénatrice socialiste. "Ces deux victimes-là, il a été décidé qu'elles mentaient parce que ce sont des hommes politiques puissants auxquels elles se sont attaqué. C'est un mauvais message pour les autres victimes", a-t-elle déploré.

"PAS UNE RUMEUR, MAIS "DES FAITS"

"Dans l'affaire Hulot, c'est une 'rumeur'." Or, selon l'ancienne ministre, il n'y a "pas de rumeur", mais "des faits", comme "un dépôt de plainte". La plaignante dans l'affaire Nicolas Hulot, a attendu que les faits soient prescrits pour déposer plainte. "La victime ne voulait pas aller au procès. Mais elle voulait que, dans l'institution judiciaire, soit consigné le fait qu'elle considérait avoir été victime de viol (...). Je voudrais qu'on ait une pensée pour cette femme", a déclaré Laurence Rossignol, qui juge par ailleurs la tribune de sa successeure "malheureuse". "Cette tribune part du principe, comme tous les membres du gouvernement, que dans cette affaire, il y aurait spontanément une confiance à accorder à un des deux protagonistes, Nicolas Hulot."

Un avis partagée par d'autres femmes politiques. "Le gouvernement n'a pas à faire de commentaire pour dire qu'il a confiance", a également estimé dimanche 11 février la députée de La France Insoumise Clémentine Autain sur BFMTV. "Si on veut qu'il y ait une séparation des pouvoirs dans notre pays et que cela soit respecté, le Premier ministre et les ministres n'ont pas à prendre part dans cette affaire-là", a-t-elle affirmé.

"Ce qui me gêne aussi, ce sont ces soutiens inconditionnels de commentateurs ou du gouvernement, parfois même des soutiens indécents (...) qui vont à l'encontre du sentiment de l'opinion publique", a regretté de son côté Rachida Dati vendredi 9 février. "Mais qu'est-ce que révèlent toutes ces affaires qui sont mises au jour, que ce soit Hulot, Darmanin et d'autres ?, s'est interrogée la maire Les Républicains du VIIe arrondissement de Paris sur Radio Classique. "Ça démontre aussi ce comportement des puissants, de ces hommes politiques totalement incorrects vis-à-vis des femmes", notant que "chacun reconnaît d'ailleurs qu'ils ont eu des comportements qui n'étaient pas à la hauteur en leur temps".

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