VIDÉO. Affaire Benalla : Édouard Philippe dénonce une démarche du Sénat "très politique"

VIDÉO. Affaire Benalla : Édouard Philippe dénonce une démarche du Sénat "très politique"
Édouard Philippe, le 8 février 2019 à Nantes.

, publié le jeudi 21 février 2019 à 13h05

Au lendemain de la publication d'un rapport de la commission d'enquête sénatoriale sur l'affaire Benalla dénonçant des "dysfonctionnements majeurs au sommet de l'État", le Premier ministre a jugé "incompréhensibles et souvent injustes" ces "recommandations ou formulations". 

"Dysfonctionnements majeurs" au sommet de l'État : la commission des lois du Sénat a frappé un grand coup mercredi 20 février en demandant des poursuites contre l'ex-collaborateur d'Emmanuel Macron, Alexandre Benalla, mais aussi la saisine de la justice sur les déclarations des principaux collaborateurs du président. Trois hauts responsables de l'Élysée, le secrétaire général Alexis Kohler, Patrick Strzoda et le général Lionel Lavergne, ont en effet été nommément mis en cause par cette commission d'enquête.

Un rapport rapidement torpillé par la majorité

Dès le mercredi, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a dénoncé de nombreuses "contrevérités".

Jeudi matin, François Bayrou, président du MoDem et allié du président Emmanuel Macron, a de son côté jugé qu'il y avait "une certaine délectation (de la commission d'enquête, ndlr)" à pointer du doigt d'éventuelles dérives à l'Élysée.

Philippe appelle à respecter le principe de séparation des pouvoirs

Quelques heures plus tard, c'est le Premier ministre qui est monté au créneau. Dans une courte allocution prononcée sur le perron de Matignon devant la presse en fin de matinée, Édouard Philippe s'est tout d'abord dit "surpris" des recommandations de ce rapport, car "traditionnellement, le Parlement ne se mêle pas de l'organisation interne de la présidence de la République".Assurant "observer" scrupuleusement le principe de séparation des pouvoirs, il a dit s'attendre à ce que "chacun" fasse de même.

Le chef du gouvernement s'est ainsi dit "déçu" d'une démarche qu'il a jugée "très politique". Il a jugé "incompréhensibles et souvent injustes" ces "recommandations ou formulations". 



"Je peux témoigner de ce que le Secrétaire général de l'Élysée (Alexis Kohler, ndlr) notamment est un grand serviteur de l'État", a-t-il par ailleurs souligné. "C'est la raison pour laquelle je ne saisis pas très bien la portée de ces remarques".

La réponse des sénateurs

"Nous sommes le bouc émissaire aujourd'hui de l'exécutif, qui ne sait pas comment se dépêtrer de cette fameuse affaire Benalla", s'est défendu peu après sur BFMTV le sénateur PS Patrick Kanner, membre de cette commission. "Les conclusions ne plaisent pas à l'exécutif, j'en suis désolé, mais ce sont les conclusions qui sont les nôtres, elles doivent être respectées telles quelles", a insisté l'ancien ministre."Je n'accepte pas cette ingérence dans les pouvoirs du Parlement, dans ces commissions d'enquête qui sont prévues par la Constitution", a-t-il ajouté. "Ce travail a été bien fait, dans la transparence; il doit être respecté, y compris par le Premier ministre".Le président de la commission des Lois, Philippe Bas (Les Républicains, LR), et les deux auteurs du rapport d'enquête, Muriel Jourda (LR) et Jean-Pierre Sueur (PS), ont ensuite rappelé dans un communiqué "leur profond attachement au principe de séparation des pouvoirs qu'ils ont scrupuleusement respecté". "Il importe aussi, pour la maturité de la démocratie, que la mission fondamentale du Parlement dans ses pouvoirs de contrôle soit pleinement respectée", ont-ils souligné.

IIs ont coupé court aux critiques de la majorité : "Le président de la commission et les deux corapporteurs ne commentent pas les commentaires."

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