Valérie Pécresse, une "bosseuse" au quitte ou double des régionales

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Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, à l'issue d'une visite dans un centre de vaccination à Nogent-sur-Marne, le 8 avril 2021 près de Paris
Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, à l'issue d'une visite dans un centre de vaccination à Nogent-sur-Marne, le 8 avril 2021 près de Paris
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© AFP, BERTRAND GUAY, POOL
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publié le samedi 24 avril 2021 à 15h14

Valérie Pécresse, première femme à présider la région Ile-de-France, tenante d'une droite sociale et libérale, est une "bosseuse" qui joue aussi aux régionales ses chances d'éventuellement représenter son camp à la présidentielle de 2022.

A deux mois du scrutin, l'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy n'a certes pas encore officialisé sa candidature pour les régionales. Mais le suspense est mince, et les sondages lui donnent une confortable avance: 34% au premier tour, et une réélection dans tous les cas de figure au deuxième, selon l'institut Ipsos.

Dans un contexte de crise sanitaire, l'ancienne députée des Yvelines a su communiquer sur ses initiatives (masques, tests...), face à une opposition de gauche qui peine à s'unir.

Celle qui a succédé à Jean-Paul Huchon (PS) en 2015 le répète: "ma mission et ma passion aujourd'hui, c'est la région Ile-de-France", et vante ses réalisations: 2 milliards d'économies, gel du prix du pass Navigo, un ordinateur portable pour chaque lycéen... au risque, parfois, de se faire recadrer par l'opposition qui dénonce une "esbroufe" lorsqu'elle annonce des dispositifs "qui existent déjà".

"Valérie Pécresse se vit comme la cheffe de la région, alors que c'est la cheffe du conseil régional. Ca la rend dingue de ne pas avoir plus de compétences", assure un député LREM francilien.

Le scrutin des 20 et 27 juin s'annonce crucial pour elle, qui a promis qu'une défaite sonnerait "la fin de (sa) carrière politique". Mais aussi pour le verdict sur sa capacité à convaincre à l'approche de 2022.

La présidentielle n'est certes pas sur son radar. Pas plus que pour la régionale, elle n'a pas fait acte de candidature. 

Mais elle distille les marques d'intérêt, et martèle qu'il faudra une primaire ouverte pour trancher sur le candidat de la droite. Une tactique à l'opposée de Xavier Bertrand, déjà candidat, et qui refuse tout départage.

"Son pari est de dire +je regagne la plus grosse région de France, je suis une femme+. Ce serait l'incarnation d'une forme de renouvellement de la vie politique", affirme un cadre de LR qui lui reconnaît "beaucoup d'ambition".

- "Un chemin différent" -

Cette ex-bébé Chirac, qui a quitté LR en 2019, avait fait l'objet de spéculations à l'été 2020, certains la voyant déjà à Matignon.

Défendant une droite "ferme sur le régalien, laïque mais aussi écologiste, libérale, pro-entreprise, féministe et sociale", Valérie Pécresse avait pris ses distances avec LR dès 2017 en créant le mouvement Libres! en opposition au président du parti Laurent Wauquiez, jugé trop populiste.

Elle a toutefois durci le ton récemment sur les questions de sécurité, réclamant des polices municipales armées et des peines de prison "exemplaires".

Décrite comme "bosseuse" et "structurée", Valérie Pécresse, née le 14 juillet 1967 à Neuilly-sur-Seine, est une habituée du tableau d'honneur: bac à 16 ans, HEC, Ena... Un parcours d'excellence qui lui a longtemps valu une image sage, à son grand agacement.

"Lors de ma première campagne régionale, le surnom dont mes adversaires de gauche m'avaient affublée, c'était +la blonde+. Ensuite, ça a été +serre-tête et jupe plissée+", racontait en 2019 l'ex-maître des requêtes au Conseil d'Etat.

Recrutée en 1997 comme spécialiste de l'internet par Jacques Chirac, elle devient députée des Yvelines en 2002 puis deux fois ministre (Enseignement supérieur en 2007 puis Budget en 2011).

Elevée à Versailles, dans "une famille d'intellos un peu originale", cette férue de Dostoïevski et de Tolstoï décide à 15 ans d'apprendre le russe et part à Yalta, dans un camp des jeunesses communistes. Elle se met ensuite au japonais qu'elle perfectionne à Tokyo, en vendant caméscopes et liqueur.

"J'ai toujours jusqu'ici suivi un chemin différent des autres", dit-elle.

Passionnée de cinéma et de séries, pratiquant la boxe, cette mère de trois enfants déplore aussi le sexisme qui règne en politique où "si un homme crie, c'est qu'il a du caractère, que c'est un chef. Une femme qui s'emporte, elle perd ses nerfs, c'est une hystérique".

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