Vaccins : L'Europe a "manqué d'ambition, de folie", estime Emmanuel Macron

Vaccins : L'Europe a "manqué d'ambition, de folie", estime Emmanuel Macron
Emmanuel Macron à Paris, le 23 mars 2021.

publié le jeudi 25 mars 2021 à 11h14

Le président a reconnu que les pays européens avaient mal anticipé la rapidité du monde de la recherche scientifique pour mettre au point des vaccins.

"Nous, on n'a pas été assez vite, assez fort". Emmanuel Macron a estimé mercredi 24 mars que l'Europe avait manqué "d'ambition" dans la course aux vaccins, ce qui expliquerait les difficultés qu'elle rencontre aujourd'hui pour se procurer des doses.

Interrogé par Nikos Aliagas sur la chaîne de télévision grecques ERT, Emmanuel Macron a reconnu ne pas avoir "pensé que ça irait aussi vite".

"Les Américains ont eu un mérite dès l'été 2020, ils ont dit: 'on met le paquet et on y va'. Et donc ils ont plus (de vaccins). Ils ont eu plus d'ambition que nous. Et le quoi qu'il en coûte qu'on a appliqué pour les mesures d'accompagnement, eux l'ont appliqué pour les vaccins et la recherche", selon lui.


"Nous, on n'a pas été assez vite, assez fort là-dessus. C'est tout à fait vrai et on a pensé que le vaccin mettrait du temps à décoller (...) Et donc, on a sans doute moins rêvé aux étoiles que certains autres. Et je pense que ça doit être une leçon pour nous-mêmes. On a eu tort de manquer d'ambition, j'allais dire de folie, de dire: +c'est possible et on y va+. On est trop rationnel peut-être", estime-t-il.

Conséquence : aujourd'hui, les Européens ont du mal à se procurer suffisamment de doses pour vacciner efficacement la population. "On est en train de rattraper. On est un peu un diesel. On ne peut plus trop parler dans les temps qui courent de ces moteurs, mais ça démarre lentement et ça va loin", a déclaré le chef de l'État. L'Union européenne "a commandé 2,5 milliards de doses, donc largement de quoi faire pour nous, pour la solidarité, pour prévoir la suite. Nous serons, d'ici au deuxième semestre, l'espace qui produira le plus de vaccins au monde", a-t-il ajouté, interrogé par le populaire animateur franco-grec dans la salle des fêtes de l'Élysée.

Emmanuel Macron défend par ailleurs l'importance "d'avoir une vraie vaccination européenne" et "des règles claires pour qu'au sein de l'espace européen on puisse rouvrir" d'ici l'été avec la mise en place d'un certificat sanitaire, actuellement en discussion au niveau de l'UE.

Interrogé sur les déclarations du président, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a confirmé que la stratégie vaccinale doit se décider au niveau européen. "Si on avait voulu se mettre au niveau des États-Unis en matière de recherche pour trouver un vaccin, c'est au niveau européen que ça se passe, on le sait, pour rivaliser en termes de moyens, de force de frappe", a-t-il expliqué jeudi sur France Inter

"On peut reconnaître que l'Europe n'a pas été pleinement au rendez-vous de son histoire sur cette question du vaccin", a encore déclaré Gabriel Attal.

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